“Une blague” : en Australie, six mois après l’interdiction des réseaux sociaux aux ados
Le Parlement français a voté le 21 juillet une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. En décembre 2025, l’Australie était le premier pays à prohiber l’usage de dix réseaux sociaux, dont Instagram, TikTok et Snapchat, pour les moins de 16 ans.
Fin 2025, l’Australie est devenue le premier pays au monde à interdire l’accès aux réseaux sociaux (plateformes comme Facebook, Instagram ou TikTok permettant aux utilisateurs d’échanger des contenus, des messages et des vidéos) pour les moins de 16 ans. Cette loi, scrutée internationalement, visait à protéger les adolescents des risques liés à ces plateformes, comme le cyberharcèlement, l’exposition à des contenus inappropriés ou l’addiction. L’Australie a ainsi pris une mesure radicale, inspirant d’autres gouvernements à observer ses résultats. Cependant, six mois après son entrée en vigueur, les effets concrets de cette interdiction restent limités, comme en témoignent les tentatives des jeunes pour contourner la restriction.
Six mois après l’application de l’interdiction, il apparaît que la loi australienne a largement échoué à éloigner les adolescents des réseaux sociaux. Les jeunes continuent d’y accéder, souvent avec l’aide de leurs parents ou en utilisant des méthodes détournées. Par exemple, Ethan, 12 ans, fils de Naomi Parrish, tente régulièrement de convaincre sa mère de lui autoriser le téléchargement de TikTok, une application de partage de vidéos très populaire auprès des jeunes. Malgré l’interdiction, Ethan a même élaboré des stratégies pour persuader sa mère, comme rédiger des lettres ou dresser une liste d’arguments. Ce cas illustre la difficulté pour les parents de faire respecter une telle loi, surtout lorsque les enfants sont déterminés à utiliser ces plateformes.
Malgré les résultats décevants à court terme, certains parents australiens placent leurs espoirs dans les générations futures. Ils estiment que l’interdiction pourrait avoir un impact plus marqué sur les enfants qui n’ont pas encore accès aux réseaux sociaux, comme ceux qui n’ont pas encore reçu de smartphone. Naomi Parrish, par exemple, espère que son fils Ethan, qui a reçu un smartphone à Noël 2025, ne sera pas exposé aux réseaux sociaux avant un âge plus avancé. L’idée est que cette génération, privée plus longtemps de ces plateformes, pourrait développer des habitudes différentes, moins dépendantes des réseaux sociaux. Cependant, cette hypothèse reste à confirmer dans les années à venir.
La loi australienne a suscité des réactions variées parmi les parents et les institutions. Certains parents, comme Naomi Parrish, tentent de résister aux demandes de leurs enfants tout en reconnaissant la difficulté de faire respecter l’interdiction. D’autres pourraient être tentés de contourner la loi pour éviter les conflits familiaux. Les gouvernements et les organisations de protection de l’enfance, quant à eux, suivent de près les résultats de cette mesure. L’Australie, en tant que premier pays à adopter une telle interdiction, devient un laboratoire pour évaluer l’efficacité des régulations strictes sur les réseaux sociaux. Les enseignements tirés de cette expérience pourraient influencer les politiques publiques dans d’autres pays.
L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans en Australie s’inscrit dans un débat mondial sur la protection des mineurs en ligne. Les *réseaux sociaux* (*Meta* pour *Facebook* et *Instagram*, *TikTok* pour ByteDance) sont accusés de favoriser la dépendance, l’anxiété ou l’exposition à des contenus violents ou inappropriés. Plusieurs pays, comme le Royaume-Uni ou certains États américains, étudient des mesures similaires. L’Australie, avec cette loi, a pris une position radicale, mais son efficacité reste à prouver. Les prochaines années seront cruciales pour évaluer si une interdiction pure et simple peut réellement protéger les jeunes, ou si d’autres solutions (comme l’éducation aux médias ou des outils de contrôle parental plus stricts) seraient plus adaptées.

