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Trump approuve un accord sur le nucléaire avec l’Arabie saoudite

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 15 j

Cet accord, d'abord rapporté par le Wall Street Journal, devrait être soumis à l'examen du Congrès américain..

Accord nucléaire Trump-Arabie

Le président américain Donald Trump a approuvé un accord avec l’Arabie saoudite permettant au royaume d’acquérir des capacités d’enrichissement d’uranium pour son programme nucléaire civil. Cet accord, d’une durée de 30 ans, implique des entreprises américaines dans le développement du programme saoudien. Il prévoit notamment la construction d’une installation d’enrichissement d’uranium en Arabie saoudite, après une étude conjointe des deux pays. L’enrichissement d’uranium consiste à augmenter la concentration d’un isotope spécifique de l’uranium, l’uranium-235, nécessaire pour alimenter des réacteurs nucléaires civils ou, dans certains cas, pour fabriquer des armes nucléaires. L’accord devrait être rendu public dès le mercredi suivant sa validation par Trump, mais il doit encore être soumis au Congrès américain pour examen.

Risques de prolifération nucléaire

L’accord suscite des inquiétudes parmi les législateurs américains, qui craignent qu’il ne favorise la prolifération nucléaire. La prolifération nucléaire désigne la diffusion de technologies, de matériaux ou de savoir-faire permettant à un État de développer des armes nucléaires. Les opposants à l’accord redoutent que l’Arabie saoudite, en maîtrisant l’enrichissement d’uranium, ne soit tentée de militariser son programme nucléaire, notamment en cas de développement d’une bombe atomique par l’Iran. Bien que l’enrichissement d’uranium ne mène pas automatiquement à la fabrication d’une arme nucléaire, il en constitue une étape clé. Pour aboutir à une arme, un pays doit également maîtriser la conception d’explosifs puissants et leur synchronisation, des étapes complexes et coûteuses.

Contexte géopolitique tendu

L’Arabie saoudite et le Pakistan, seul pays musulman à posséder l’arme nucléaire, entretiennent des liens étroits en matière de défense. En 2023, les deux pays ont signé un pacte de défense mutuelle après qu’Israël eut mené une attaque contre le Qatar, visant des responsables du Hamas. Le ministre pakistanais de la Défense a alors déclaré que le programme nucléaire pakistanais pourrait être mis à disposition de l’Arabie saoudite en cas de besoin, une déclaration perçue comme un avertissement envers Israël, souvent considéré comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient. Cette situation renforce les craintes occidentales quant aux ambitions nucléaires saoudiennes, dans un contexte de tensions régionales accrues.

Comparaison avec les Émirats arabes unis

L’Arabie saoudite se distingue des Émirats arabes unis, voisins du Golfe, dans leur approche du nucléaire civil. Les Émirats ont signé en 2009 un accord 123 avec les États-Unis, un type d’accord international qui encadre la coopération nucléaire civile entre deux pays. Grâce à cet accord, les Émirats ont construit leur centrale nucléaire de Barakah avec l’aide de la Corée du Sud, sans chercher à développer de capacités d’enrichissement d’uranium. Les experts en non-prolifération considèrent cette approche comme la référence absolue pour un programme nucléaire civil, car elle limite les risques de détournement vers des usages militaires. L’Arabie saoudite, en revanche, souhaite explicitement maîtriser l’enrichissement, ce qui alimente les craintes de militarisation.

Ce que ça pourrait changer

Ni la Maison-Blanche ni les responsables saoudiens n’ont encore réagi officiellement à l’annonce de l’accord, qui a été rapportée en premier par le *Wall Street Journal*. Cet accord s’inscrit dans une dynamique plus large : tant Donald Trump que son prédécesseur Joe Biden ont tenté, sans succès jusqu’ici, de conclure un accord similaire avec l’Arabie saoudite pour partager la technologie nucléaire américaine. Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, s’est rendu en Arabie saoudite en 2023, peu avant une visite de Trump dans le royaume, pour discuter du développement du secteur nucléaire civil saoudien. L’accord devra désormais être examiné par le Congrès américain, où il pourrait rencontrer une forte opposition en raison des risques de prolifération.

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