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Deuil périnatal : la "double peine" des grands-parents

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 21 j

Le deuil périnatal désigne la perte d’un bébé pendant la grossesse, à l’accouchement, ou juste après la naissance. Le sujet n’est plus tabou en France mais reste difficile à aborder.

Qu'est-ce que le deuil périnatal ?

Le deuil périnatal désigne la perte d’un bébé pendant la grossesse, à la naissance ou dans les sept jours qui suivent. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette période commence à 22 semaines d’aménorrhée, soit environ cinq mois et demi de grossesse. Cependant, dans la réalité, ce deuil peut toucher les familles bien au-delà de cette définition médicale. Il s’agit d’une épreuve douloureuse qui affecte non seulement les parents, mais aussi leur entourage proche, notamment les grands-parents. Malgré une meilleure reconnaissance de ce sujet en France, il reste souvent difficile à aborder en raison de son caractère tabou et de la méconnaissance de ses répercussions par la société.

La souffrance des grands-parents

Les grands-parents endeuillés vivent une « double peine » : ils pleurent à la fois la perte de leur petit-enfant et la souffrance de leur enfant devenu parent. Cette douleur est fréquemment sous-estimée par l’entourage, qui peine à comprendre pourquoi les grands-parents sont aussi affectés. Pourtant, leur chagrin est réel et profond. Pour répondre à ce besoin, l’association SPAMA, basée à Lille, a créé un groupe d’entraide spécifique pour les grands-parents. Ce groupe se réunit en visioconférence tous les trois mois, animé par Edith Diers, elle-même grand-mère endeuillée. L’objectif est de leur offrir un espace où ils peuvent partager leurs émotions et trouver du réconfort, sans se sentir isolés ou incompris.

Un soutien concret et partagé

Les groupes d’entraide pour grands-parents, comme celui proposé par SPAMA, permettent aux participants d’échanger sur des sujets très concrets. Par exemple, ils abordent des questions pratiques comme la gestion des fêtes de famille ou des anniversaires après le décès d’un petit-enfant. Ces échanges aident les grands-parents à trouver des ressources pour soutenir leur enfant endeuillé, tout en gérant leur propre souffrance. Elisabeth, dont la fille a perdu son bébé en 2024, explique que ces groupes lui ont permis de mieux appréhender les fêtes de Noël et les dates symboliques. Elle a également soutenu sa fille en lui envoyant un message quotidien pendant un an, une démarche qui a renforcé leur lien malgré l’épreuve.

Des réactions variées au sein des familles

Chaque membre d’une famille réagit différemment face à un deuil périnatal. Pascale, dont le petit-fils est décédé quelques semaines après sa naissance en 2025, souligne cette diversité : sa fille et elle avaient besoin d’aide, tandis que le père de l’enfant refusait tout soutien, et son mari ne parlait même pas de sa peine. Cette disparité de réactions peut compliquer l’accompagnement des parents endeuillés par les grands-parents. Pourtant, les groupes d’entraide offrent une forme de sérénité en rappelant que d’autres ont vécu des situations similaires et ont réussi à surmonter leur chagrin. Ces espaces permettent aussi aux grands-parents de se sentir moins seuls et de trouver la force d’aider les autres à leur tour.

Créer des souvenirs pour apaiser la douleur

Pour les grands-parents, honorer la mémoire de leur petit-enfant disparu peut être une étape importante dans le processus de deuil. Cela peut passer par des gestes symboliques comme planter un arbre dans leur jardin, confectionner un objet en souvenir ou allumer une bougie. Le 15 octobre à 19 heures, une initiative mondiale appelée la « Vague de lumière » invite chacun à allumer une bougie en soutien aux parents endeuillés. Cette journée, dédiée à la sensibilisation au deuil périnatal, permet aux familles de se rassembler autour d’un rituel commun et de rendre hommage à ces enfants disparus trop tôt. Les associations comme SPAMA proposent également des ressources pour guider les familles dans ces démarches.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs associations en France accompagnent les familles touchées par un deuil périnatal. Parmi elles, on trouve Agapa, Petite Emilie, ESNPE (Enfants sans nom), Souvenange et SPAMA. Ces organisations offrent un soutien psychologique, des groupes d’entraide et des ressources pratiques pour aider les parents et les grands-parents à traverser cette épreuve. SPAMA, par exemple, propose des groupes spécifiques pour les grands-parents, animés par des bénévoles comme Edith Diers, qui a elle-même vécu cette douleur. Ces associations jouent un rôle clé en brisant l’isolement et en offrant un espace où les familles peuvent exprimer leur chagrin sans jugement.

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