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Généraliste

Christine Fréchette aurait été poussée de la «falaise de verre» lors des élections

Le Devoir · mis à jour il y a 6 j

L’expression réfère au fait de confier aux femmes en politique des responsabilités venant avec un risque élevé d’échec..

Défaite historique CAQ

Christine Fréchette, cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), a démissionné après que son parti n’a remporté aucun siège lors des élections québécoises du 1er octobre 2024. Fondée en 2011, la CAQ gouvernait le Québec depuis huit ans avec 79 sièges à l’Assemblée nationale avant cette défaite. Le Parti québécois (PQ) a formé un gouvernement minoritaire en profitant d’un désir de changement chez les électeurs. Aucun parti n’a obtenu plus de 28 % des suffrages, la CAQ recueillant seulement 13 % des voix, contre 40 % en 2022. Fréchette avait pris la tête du parti en avril 2024, succédant à François Legault, dont la popularité s’était effondrée. Cette situation rappelle celle de Kim Campbell, seule femme première ministre du Canada, qui avait hérité d’un parti impopulaire en 1993 et subi une défaite écrasante après 132 jours.

Précipice de verre

L’expression précipice de verre désigne le phénomène où des femmes en politique se voient confier des responsabilités dans des contextes à haut risque d’échec. Kathleen Wynne, ancienne première ministre de l’Ontario, a comparé sa situation à celle de Christine Fréchette, soulignant que les femmes dirigeantes canadiennes sont souvent placées dans des positions difficiles. Wynne a elle-même succédé à Dalton McGuinty en 2013, alors que les libéraux étaient impopulaires à cause de scandales. Elle a mené le parti à une victoire en 2014, mais a perdu en 2018. Elle estime que Fréchette n’avait que six mois pour redynamiser la CAQ, contre un an pour elle. Ce concept s’applique aussi à Kim Campbell, qui a dirigé le Canada pendant seulement 132 jours avant une défaite historique en 1993.

Héritage politique lourd

Christine Fréchette a hérité d’un parti profondément impopulaire, marqué par les deux mandats de François Legault. Elle occupait auparavant des postes clés comme ministre de l’Immigration, de l’Énergie et de l’Économie, ce qui l’a rendue solidaire des politiques controversées de son prédécesseur. Thierry Giasson, professeur à l’Université Laval, souligne que Fréchette était consciente de la tâche colossale qui l’attendait. Il compare sa situation à celle de Bernard Drainville, son adversaire à la course à la direction, qui aurait aussi eu du mal à redresser la CAQ. Fréchette a tenté de se distancier de Legault, mais son héritage politique a pesé sur sa campagne. Elle a occupé le poste de première ministre pendant six mois, contre 25 mois cumulés pour les deux femmes qui l’ont précédée au Québec.

Erreurs et chute dans sondages

Une semaine avant le scrutin, Christine Fréchette a commis un faux pas en demandant une rencontre urgente avec le premier ministre Mark Carney pour évoquer des allégations d’ingérence américaine dans les élections. Elle a ensuite rétracté ses propos, reconnaissant l’absence de preuves. Cette erreur a provoqué une chute brutale de la CAQ dans les sondages, menant à une défaite électorale. Fréchette avait espéré une campagne dynamique, inspirée par Mark Carney, mais a finalement subi un sort similaire à celui de Kim Campbell. Giasson note que sa campagne, initialement pensée pour marquer un tournant, s’est transformée en un moment Kim Campbell, référence à la défaite historique de 1993. Le parti a perdu 66 sièges par rapport à 2022, passant de 79 à 0.

Ce que ça pourrait changer

Christine Fréchette a souligné dans son discours de démission le manque d’opportunités pour les femmes en politique. Elle était la **deuxième femme** première ministre du Québec après Pauline Marois, qui a dirigé un gouvernement minoritaire pendant moins de **deux ans** (2012-2014). Fréchette a occupé son poste pendant **six mois**, un mandat court qui illustre les défis persistants pour les femmes en politique. Melanee Thomas, professeure à l’*Université de Calgary*, explique que les femmes se lancent souvent dans des contextes difficiles par manque d’alternatives, comme Dominique Anglade, cheffe du *Parti libéral du Québec* (PLQ), qui a démissionné après la perte de **10 sièges** en 2022. Fréchette espère que son parcours ouvrira la voie à d’autres femmes, comme Marois l’a fait pour elle.

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