Au jardin botanique de Kirstenbosch, des serres remplies de plantes de contrebande
JARDINS EXTRAORDINAIRES (5/6) – Connu pour ses paysages luxuriants, le jardin botanique de Kirstenbosch, au Cap, abrite aussi des serres fermées au grand public, raconte le journaliste sud-africain Don Pinnock dans “The Daily Maverick”. À l’intérieur sont entreposés des centaines de milliers de boutures et de plants volés, qui ont été récupérés par les autorités.
Le jardin botanique de Kirstenbosch, situé au Cap en Afrique du Sud, abrite des serres fermées au public. Ces espaces, normalement dédiés à la culture de plantes rares, abritent en réalité des centaines de milliers de plantes confisquées à des contrebandiers. Selon des estimations, environ 500 000 spécimens y seraient entreposés, bien que ce chiffre reste approximatif. Ces plantes, souvent des succulentes (plantes grasses adaptées aux milieux secs et arides), proviennent de milieux naturels fragiles et étaient destinées à être exportées illégalement vers des collectionneurs ou des marchés étrangers, notamment via Internet. Leur saisie illustre l'ampleur du trafic illégal de plantes sauvages en Afrique du Sud.
Les plantes saisies sont principalement des succulentes, des espèces à croissance lente et souvent endémiques (uniquement présentes dans une région précise) à l'Afrique du Sud. Leur rareté et leur beauté en font des cibles privilégiées pour les collectionneurs et les réseaux de contrebande. Ces plantes sont arrachées à leur milieu naturel, ce qui menace leur survie et perturbe les écosystèmes locaux. Le trafic est alimenté par une demande internationale croissante, notamment sur Internet, où des plateformes facilitent l'achat et la vente de ces espèces protégées. Les autorités sud-africaines tentent de lutter contre ce phénomène, mais le nombre de plantes saisies ne représente qu'une infime partie de celles prélevées illégalement chaque année.
L'exportation illégale de plantes sauvages a des conséquences graves sur la biodiversité. En Afrique du Sud, de nombreuses espèces endémiques sont menacées par le prélèvement excessif dans leur habitat naturel. Les succulentes, par exemple, mettent des décennies à pousser et leur disparition peut entraîner un déséquilibre écologique. Les serres de Kirstenbosch servent donc de refuge temporaire pour ces plantes, mais leur sauvetage à long terme reste incertain. Les experts soulignent que la lutte contre ce trafic nécessite une coopération internationale, car les plantes saisies sont souvent destinées à des pays où la réglementation est moins stricte.
Un horticulteur spécialisé dans l'identification des plantes a été impliqué dans une affaire judiciaire aux côtés de deux policiers chargés de la lutte contre la cueillette illégale. Cet expert était régulièrement sollicité pour authentifier les plantes saisies, mais son rôle dans cette affaire reste flou. L'article mentionne que le dossier judiciaire est complexe et que son issue n'était pas encore connue au moment de la rédaction. Cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontés les autorités pour démanteler les réseaux de contrebande et protéger les espèces menacées.
Le jardin botanique de Kirstenbosch joue un double rôle : il est à la fois un lieu de conservation et de sensibilisation à la biodiversité, mais aussi un espace où sont stockées des plantes issues de trafics. Les serres fermées au public illustrent l'ampleur du problème du trafic de plantes sauvages en Afrique du Sud. Bien que ces plantes soient temporairement protégées, leur avenir dépend de leur réintroduction dans la nature ou de leur culture en milieu contrôlé. Kirstenbosch devient ainsi un symbole des efforts pour préserver la flore locale face à l'exploitation illégale.

