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Culture

Pauline Clément : « Je me suis battue pour faire ce métier, j’ai galéré pendant des années »

Trois Couleurs · mis à jour il y a 17 j

C’est l’un des nouveaux visages du cinéma français. Co-scénariste et personnage principal de « De la Comédie-Française » (LA comédie de l’été, en salles le 22 juillet), Pauline Clément balade, entre les planches de la maison de Molière dont elle est désormais sociétaire, la télé, les réseaux sociaux (« Broute », « Moitié.e.s ») et les films (« Chers parents », « Une fille en or »…), son évidence comique.

Enfance et théâtre

Pauline Clément explique que son attrait pour le métier de comédienne remonte à un spectacle scolaire organisé par sa professeure de français. À cette époque, elle se sentait contrainte par les règles strictes de l'école et aspirait à une forme de liberté. Le rôle qu'on lui a confié dans ce spectacle lui a permis de transgresser ces règles, ce qui l'a profondément marquée. Elle décrit la scène comme un espace où tout devient possible et où les interdits sont suspendus, ce qui lui a donné envie de poursuivre cette voie. Ce moment a marqué son premier contact avec l'idée que le théâtre pouvait être un lieu de libération et d'expression personnelle.

Liberté et rigueur

Pour Pauline Clément, jouer un rôle repose sur un équilibre entre lâcher-prise et contrôle. Elle souligne que son rapport à la comédie est instinctif et concret, sans intellectualisation excessive. Les exercices d'improvisation, comme ceux où les élèves doivent inventer une suite à une situation en cinq minutes, ont été déterminants pour elle. Elle apprécie également la rigueur des textes bien écrits, qu'elle compare à des répliques de grande classe ou à des piques spirituelles qu'elle n'aurait pas pu inventer elle-même. Ces deux aspects, liberté et rigueur, coexistent dans son approche du métier de comédienne.

Collectif et solitude

Pauline Clément décrit son rapport complexe avec le collectif, notamment au sein de la Comédie-Française. Enfant, elle était fusionnelle, mais en grandissant, elle a développé un besoin de rendez-vous fixes et de partage quotidien avec les autres. Elle explique que la troupe lui apporte une structure et une énergie qu'elle ne trouve pas en travaillant seule. Cependant, elle a aussi besoin de moments de solitude absolue, comme ceux passés dans sa loge au théâtre. Une fois intégrée à la troupe, elle considère que cette expérience fait partie intégrante de son identité professionnelle et personnelle.

Institution et quotidien

La Comédie-Française est à la fois une troupe, un théâtre et une institution. Pauline Clément souligne que l'entrée dans cette institution implique des aspects administratifs, comme l'obtention d'un badge ou la découverte des services de cantine, qui peuvent sembler déroutants pour un nouvel arrivant. Elle explique que ces éléments font partie de la singularité du lieu, où le quotidien administratif coexiste avec des moments artistiques intenses, comme jouer des alexandrins après avoir mangé des carottes râpées à la cantine. Cette dualité entre vie institutionnelle et vie artistique est au cœur de son expérience.

Pression et gestion du stress

Pauline Clément évoque la pression constante qui accompagne le métier de comédienne, notamment avant une première représentation. Elle décrit un mélange de doute et de stress lié à la crainte que le travail des répétitions ne soit pas à la hauteur ou que le trac ne perturbe sa performance. Même après une première, la pression ne disparaît pas, car chaque détail peut devenir une source d'anxiété, comme un changement minime dans la coiffure d'une collègue. Elle explique que le corps est entraîné, mais que l'épreuve du public reste une source de tension permanente. Cette pression est à la fois artistique et économique, rendant toute annulation d'un spectacle difficile à envisager.

Équilibre vie professionnelle et familiale

Pauline Clément aborde la difficulté de concilier une carrière artistique exigeante avec une vie de famille, un sujet qu'elle décrit comme une préoccupation constante. Elle explique avoir hésité à avoir un enfant après son intégration à la Comédie-Française, craignant que cela ne complique sa vie professionnelle. Après la naissance de son enfant, elle a réalisé l'ampleur des sacrifices nécessaires, comme tirer son lait pendant les répétitions ou emmener son enfant sur les tournages. Elle décrit un équilibre fragile où chaque moment passé loin de son enfant ou au théâtre est source de stress. Pour apaiser cette tension, elle a pris l'habitude de réciter ses textes à son enfant pour l'endormir, créant ainsi un lien entre sa vie professionnelle et familiale.

Solidarité et persévérance

Pauline Clément insiste sur la solidarité qui existe au sein de la Comédie-Française, un aspect qu'elle considère comme essentiel pour tenir dans ce métier exigeant. Elle raconte une anecdote où, gravement brûlée par de la cire à épiler, elle a insisté pour jouer malgré les douleurs, soutenue par ses collègues. Cette histoire illustre la devise The Show Must Go On, qui résume l'engagement des comédiens à poursuivre le spectacle coûte que coûte, tant que leur santé n'est pas en danger. Elle décrit cette solidarité comme un soutien moral et pratique qui permet de surmonter les épreuves, même les plus difficiles.

Ce que ça pourrait changer

Le film *De la Comédie-Française* s'inspire de l'expérience personnelle de Pauline Clément au sein de la troupe. Elle explique que ce projet lui tenait particulièrement à cœur, mais qu'elle a ressenti une anxiété intense lors de l'écriture, craignant que le film ne soit un échec et n'affecte sa carrière au sein de l'institution. Cependant, une fois sur le tournage, elle a retrouvé un sentiment de belonging et de plaisir partagé avec ses collègues. Elle souligne que la troupe a rapidement adopté les scénaristes, qui découvraient ce milieu. Ce film permet de montrer la vie quotidienne au sein de la Comédie-Française, entre moments administratifs et performances artistiques, tout en abordant des thèmes universels comme la pression professionnelle et l'équilibre familial.

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