"La Gradiva" et "Une femme d'aujourd'hui" - deux films humanistes
Double sortie française demain dans les salles : un film de l'aguerri Robert Guédiguian, et le premier de Marine Atlan, très remarqué. Deux films qui tombent bien en cette semaine de colère, tant ils explorent ruptures et réconciliations..
Deux films français sortent simultanément en salles le 21 octobre 2026 : La Gradiva, premier long-métrage de Marine Atlan, et Une femme d’aujourd’hui, réalisé par Robert Guédiguian, cinéaste expérimenté. Ces œuvres abordent des thèmes contemporains comme les ruptures sociales, les solidarités inattendues et les crises personnelles. Elles sont présentées comme des films humanistes, c’est-à-dire centrés sur la dignité humaine, l’empathie et la recherche de sens. Leur sortie coïncide avec une période de tensions sociales en France, ce qui renforce leur résonance actuelle. Marine Atlan est une jeune réalisatrice dont le film a été salué au festival de Cannes 2026, tandis que Robert Guédiguian, connu pour des œuvres comme Marius et Jeannette, explore ici des dynamiques de solidarité à Marseille.
La Gradiva suit un groupe de lycéens en terminale lors d’un voyage scolaire à Naples, en Italie. Le récit se concentre sur trois élèves : Toni, un garçon extraverti et rêveur dont les grands-parents se sont aimés dans une demeure napolitaine ; James, un élève brillant et charismatique qui attire l’attention de ses camarades ; et Suzanne, une jeune fille solitaire et perspicace, souvent en marge du groupe. Leur professeure leur fait découvrir Pompéi et les vestiges de l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C., symbolisant à la fois la destruction et la préservation de la mémoire. Le film mêle des scènes de vie quotidienne, des conflits et des moments d’introspection, reflétant les tensions et les espoirs de la jeunesse actuelle. Son titre fait référence à une sculpture antique représentant une femme en marche, symbole de résilience.
Une femme d’aujourd’hui raconte l’histoire de Juliette, une femme d’une trentaine d’années travaillant dans la finance à Marseille. Elle mène une vie aisée, marquée par des rencontres superficielles via des applications de rencontre, jusqu’à ce qu’elle soit victime d’une agression lors d’une fête professionnelle. Cet événement bouleverse son existence et la pousse à découvrir une maison associative accueillant des jeunes mères en difficulté. Le film explore les thèmes de l’isolement social, de la résilience et de la reconstruction, en mettant en scène des personnages issus de milieux différents qui tentent de se soutenir mutuellement. Robert Guédiguian y défend une vision universaliste de gauche, c’est-à-dire une approche cherchant à rassembler des individus aux parcours variés autour de valeurs communes comme la solidarité.
Les deux films adoptent des styles distincts. La Gradiva s’inspire des techniques du réalisateur Abdellatif Kechiche, connu pour ses longs dialogues et ses scènes tournées en extérieur, capturant l’énergie et les contradictions de la jeunesse. Le film est décrit comme une œuvre tendre et terrible, mêlant cruauté et solidarité. À l’inverse, Une femme d’aujourd’hui reflète une approche plus classique de Guédiguian, avec une construction narrative parfois jugée artificielle ou naïve, notamment dans la manière dont les personnages et les situations sont assemblés pour illustrer une idée de solidarité. Malgré ces limites esthétiques, le film conserve une dimension émouvante et engagée, défendant une vision optimiste de la société.
Les deux films sont présentés comme des œuvres *remonte-pente*, c’est-à-dire des récits qui invitent à la réflexion et à l’espoir plutôt qu’à la simple distraction. Leur sortie en octobre 2026, une période marquée par des tensions sociales en France, les rend particulièrement pertinents. L’article souligne qu’ils ne sont pas des *doudous* (terme péjoratif désignant des œuvres consolatrices sans profondeur), mais des œuvres qui poussent à penser et à agir. Leur *humanisme* se manifeste par une attention portée aux individus, même dans des contextes difficiles, et par une croyance en la possibilité de liens sociaux malgré les divisions.

