En France, le mouvement de contestation des lycéens et étudiants se poursuit
«160 établissements en fin de matinée étaient bloqués», selon le ministre de l’Éducation nationale..
Le mouvement de contestation des lycéens et étudiants en France a débuté le 17 septembre 2026, six mois avant l’élection présidentielle prévue en 2027. Les revendications principales des manifestants portent sur trois axes : l’amélioration des conditions d’apprentissage dans les lycées, l’abolition de la sélection via la plateforme Parcoursup (un système en ligne utilisé en France pour orienter les lycéens vers les études supérieures en fonction de leurs vœux et de leurs notes), et l’investissement d’un plan de 10 milliards d’euros (soit 15,8 milliards de dollars canadiens) pour moderniser les lycées. Ce montant représente une somme colossale, équivalente à environ 0,3 % du produit intérieur brut (PIB) de la France en 2026, selon les estimations disponibles.
Face à ce mouvement, le gouvernement français a annoncé une mesure concrète : un plan d’urgence pour remplacer les professeurs absents. Depuis le 10 octobre 2026, 2 000 remplaçants ont été déployés sur les 3 000 promis, selon le ministère de l’Éducation nationale. Ce chiffre montre un début de réponse, mais reste en deçà des attentes des lycéens. Par ailleurs, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a précisé à l’Assemblée nationale que sur les 3 700 lycées en France, un tiers n’a jamais été perturbé, un autre tiers a connu des perturbations mineures et limitées, et le dernier tiers a subi des blocages plus importants. À la date du 14 octobre 2026, 160 établissements étaient encore bloqués en fin de matinée.
Le mouvement a connu une cinquième journée de mobilisation massive le 13 octobre 2026. Selon les chiffres du gouvernement, 161 500 personnes ont manifesté, tandis que les syndicats de jeunesse en dénombrent 480 000. Cette différence illustre les divergences dans l’évaluation des mouvements sociaux, où chaque partie cherche à mettre en avant son interprétation des chiffres. Parmi les soutiens internationaux, la militante écologiste suédoise Greta Thunberg s’est rendue devant un lycée en banlieue parisienne pour manifester son soutien aux lycéens. Plusieurs universités restent également fermées pour la semaine, signe de la persistance du mouvement.
Les organisateurs du mouvement appellent à poursuivre la contestation en rejoignant une manifestation prévue le samedi 17 octobre 2026 contre « la vie chère », c’est-à-dire la hausse des prix des biens essentiels comme l’alimentation ou les transports. Cette demande s’ajoute aux revendications initiales des lycéens. Une rencontre est prévue le 15 octobre 2026 entre le ministre de l’Éducation nationale et les représentants des lycéens pour tenter de trouver un terrain d’entente. Les lycéens interrogés par l’AFP (Agence France-Presse) expriment des positions partagées : certains estiment avoir obtenu des avancées, comme le remplacement de professeurs, et souhaitent que les choses se calment, tandis que d’autres, comme Marie, 17 ans, expriment encore de la colère et prévoient de manifester malgré la peur des violences policières.
Depuis le début du mouvement, 7 950 personnes, dont 6 773 mineurs, ont été placées en garde à vue. Parmi elles, 26 ont été placées en détention provisoire. Ces chiffres illustrent l’ampleur de la répression policière. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a exprimé son inquiétude face aux incidents liés aux manifestations. Par ailleurs, 36 enquêtes ont été ouvertes par la police des polices (l’Inspection générale de la police nationale) pour faire la lumière sur les violences. Un policier a été mis en examen après qu’un lycéen a été éborgné lors d’une manifestation à Tours, dans le centre de la France. Ces événements soulèvent des questions sur le respect des droits humains et la proportionnalité des forces de l’ordre.
Deux récits s’opposent concernant l’évolution du mouvement. Le gouvernement affirme que le mouvement s’essouffle à l’approche des vacances de la Toussaint (du 1er au 2 novembre 2026), une période où les établissements scolaires ferment pour plusieurs jours. À l’inverse, les syndicats lycéens et étudiants, comme l’Union syndicale des lycéens, rejettent cette analyse et appellent à maintenir la pression. Le gouvernement mise sur les vacances pour faire retomber la mobilisation, tandis que les organisateurs souhaitent amplifier le mouvement en le reliant à d’autres causes, comme la lutte contre la hausse du coût de la vie. Cette divergence montre la difficulté à prévoir l’issue d’un mouvement social aussi complexe.

