Un seul et même mot d'ordre pour l'exécutif en amont des prochaines mobilisations : la fermeté.
Un conseil de sécurité à l'Elysée ce matin ; une réunion cet après-midi à Matignon. L'exécutif entend faire taire les critiques et surtout prévenir tout forme de nouvelles violences samedi prochain..
Ce matin, Emmanuel Macron a présidé un conseil de sécurité à l'Élysée pour préparer la réponse de l'exécutif face aux prochaines mobilisations sociales prévues samedi. L'objectif est de renforcer les dispositifs de renseignement, d'anticipation et de sécurisation des événements. Le niveau de mobilisation des forces de l'ordre sera augmenté de 20 % par rapport à la semaine dernière. Ce renforcement inclut le déploiement de militaires de la force Sentinelle, des unités d'élite de la police et de la gendarmerie, ainsi que des hélicoptères et des blindés. Ces mesures visent à éviter les débordements violents observés lors des précédentes mobilisations.
En début d'après-midi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu les représentants des formations politiques à Matignon pour discuter de la situation. Cependant, plusieurs leaders politiques, dont Marine Le Pen, Édouard Philippe, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon, ont refusé de participer, dénonçant une simple convocation sans réel dialogue. Par ailleurs, Sébastien Lecornu a également rencontré les maires des trois plus grandes villes de France : Paris, Lyon et Marseille. Les organisations lycéennes et étudiantes, quant à elles, ne seront reçues que lundi prochain, mais au ministère de l'Éducation et non à Matignon, comme elles le demandaient.
L'exécutif semble confronté à une impasse face aux revendications des syndicats, qui dénoncent la défense des services publics et le pouvoir d'achat. Lors d'une réunion à Matignon hier, les syndicats ont souligné leur sentiment d'être ignorés malgré les engagements pris. Par ailleurs, l'isolement du Premier ministre Sébastien Lecornu face à l'ensemble de la classe politique aggrave cette situation. Depuis avant-hier, des dizaines de personnes accusées de saccages ou de vols lors des pillages du week-end dernier sont jugées en urgence. Certains avocats critiquent une répression excessive, estimant que les consignes de fermeté envoyées par le garde des Sceaux aux procureurs poussent à une justice trop rapide et sévère.
Les audiences se multiplient pour juger les personnes accusées de violences ou de pillages lors des manifestations récentes. Les avocats de la défense interviennent parfois directement en salle d'audience pour tenter de modérer les décisions judiciaires, jugées trop strictes. Cette situation reflète une tension entre la volonté de l'exécutif d'afficher une fermeté face aux violences et les critiques sur l'équilibre de la justice. Les dossiers, traités en urgence, sont si nombreux que certains craignent une justice expéditive, au détriment des droits des accusés.
Parallèlement, la situation internationale reste marquée par des tensions persistantes. Hier, Vladimir Poutine a indiqué être prêt à reprendre des négociations tripartites avec Kiev et Washington le mois prochain, après une réunion avec l'émissaire américain Steve Witkoff. Cependant, les positions restent très éloignées : Volodymyr Zelensky parle d'un cessez-le-feu, tandis que Poutine évoque uniquement la mise en place d'un système de sécurité. La nuit dernière, des centaines d'attaques réciproques entre l'Ukraine et la Russie ont de nouveau eu lieu, causant plusieurs blessés. Aucune avancée concrète n'est donc à prévoir à court terme.
Au **Brésil**, les sondages annoncent un second tour très serré pour l'élection présidentielle de dimanche prochain. Le président sortant de gauche, **Lula**, affronte **Flavio Bolsonaro**, fils de l'ancien président d'extrême droite **Jair Bolsonaro**, qui avait obtenu 47 % des voix au premier tour. Depuis, Lula a bénéficié d'un regain de soutien grâce à des manifestations massives dans tout le pays. Les résultats pourraient donc basculer en sa faveur, mais l'incertitude reste forte. Le destin de la plus grande puissance d'Amérique latine se jouera dans les urnes dimanche.

