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Culture

Le monde à table

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 7 j

On se retrouve rarement autour d’une table par hasard. Dans les relations internationales, un dîner d’État, le choix d’un menu ou le fait de s’asseoir à la même table peuvent ainsi devenir des moyens d’affirmer une alliance, d’envoyer un signal politique ou, au contraire, de marquer une distance..

La table comme outil politique

Un dîner d’État ou un simple repas partagé ne sont jamais anodins en relations internationales. Ils servent souvent à renforcer des alliances, à envoyer des messages politiques ou, à l’inverse, à marquer une distance entre les pays. Par exemple, le choix d’un menu ou la place attribuée à un invité lors d’un repas officiel peut être interprété comme un signe de rapprochement ou de désaccord. Cette pratique remonte à des siècles, où les souverains et diplomates utilisaient déjà les banquets pour négocier ou afficher leur puissance. Aujourd’hui, avec l’augmentation des tensions géopolitiques, la gastronomie reste un enjeu diplomatique majeur, tant au niveau des dirigeants qu’entre les peuples. Elle permet de mettre en scène l’identité, l’histoire et la culture d’un pays, transformant ainsi la table en un espace de représentation nationale et de dialogue, même si ce dialogue reste parfois superficiel.

Gastronomie et soft power

La gastronomie est un soft power, c’est-à-dire un outil de puissance douce utilisé par les États pour influencer les autres sans recourir à la force ou à des sanctions. Elle permet de promouvoir une image positive d’un pays à l’international, en mettant en avant ses traditions culinaires, ses produits locaux et son savoir-faire. Par exemple, la France utilise sa cuisine raffinée et ses repas gastronomiques comme un moyen de rayonnement culturel et économique. Depuis 2010, le Village international de la gastronomie, qui se tient à Paris du 10 au 13 septembre 2026, rassemble 73 pays autour de leurs cuisines et traditions. Cet événement illustre comment la gastronomie peut servir de pont entre les cultures, même dans un contexte de fractures géopolitiques. Cependant, son pouvoir de rapprochement reste limité : si elle peut faciliter les échanges, elle ne résout pas toujours les désaccords profonds entre les nations.

La cuisine comme dialogue

Manger ensemble peut-il créer du lien là où la politique échoue ? La gastronomie offre un espace neutre où les différences culturelles et les tensions peuvent être mises de côté, au moins temporairement. Par exemple, un repas partagé peut permettre à des dirigeants de discuter de manière informelle, loin des protocoles rigides des négociations officielles. Cependant, cette approche a ses limites : la cuisine ne fait souvent que suspendre les désaccords plutôt que de les résoudre. Elle peut aussi servir à masquer des tensions réelles, en donnant une image de convivialité qui ne reflète pas toujours la réalité des relations internationales. Ainsi, si la gastronomie facilite les échanges, elle ne remplace pas une diplomatie traditionnelle et ne garantit pas une compréhension mutuelle durable.

Le Village international de la gastronomie

Le Village international de la gastronomie est un événement organisé à Paris du 10 au 13 septembre 2026, Place de la Concorde, pour célébrer les dix ans de cette initiative. Il rassemble 73 pays autour de leurs cuisines, de leurs produits et de leurs traditions culinaires. Cet événement met en lumière la diversité gastronomique mondiale et offre une plateforme pour échanger sur les enjeux culturels et diplomatiques liés à l’alimentation. Il illustre comment la gastronomie peut être un vecteur de dialogue interculturel, même dans un contexte de tensions géopolitiques. Cependant, son impact réel dépend de la volonté des participants de dépasser les clivages politiques pour se concentrer sur ce qui les unit : le plaisir de partager un repas.

La recette du Pâtissier du Désert

Hissein Mahamoud Barkai, connu sous le nom de Pâtissier du Désert, propose une recette de sablés à base de farine de millet, une céréale traditionnelle en Afrique. Pour environ 20 à 25 sablés, il faut mélanger 200 g de farine de millet, 60 g de sucre, 1 cuillère à café de levure chimique, 60 g de beurre fondu et 110 g de crème liquide. La pâte est ensuite façonnée en boudin, refroidie une heure au réfrigérateur, puis découpée en rondelles de 1 cm d’épaisseur avant d’être cuite 10 à 12 minutes à 180°C. Ces sablés, particulièrement friables lorsqu’ils sont chauds, se conservent dans une boîte hermétique pour préserver leur texture. Le chef suggère d’ajouter des zestes d’orange, de citron, de l’eau de fleur d’oranger ou de rose pour rehausser les saveurs. Cette recette illustre comment la gastronomie peut célébrer les traditions culinaires locales tout en s’adaptant aux goûts contemporains.

Ce que ça pourrait changer

La gastronomie est aussi un patrimoine culturel, comme en témoigne l’inscription du *repas gastronomique des Français* au patrimoine immatériel de l’UNESCO en 2010. Quinze ans après cette reconnaissance, l’article interroge ce qu’il en reste : un symbole de convivialité et de savoir-faire, ou une simple vitrine touristique ? Le repas gastronomique français, avec ses codes précis et ses étapes ritualisées, incarne une tradition culinaire qui dépasse la simple alimentation pour devenir un marqueur identitaire. Cependant, son influence et sa préservation dépendent de l’engagement des institutions, des chefs et des citoyens à transmettre ces pratiques. La gastronomie, en tant que patrimoine, peut ainsi servir de pont entre les générations et les cultures, tout en étant un outil de diplomatie culturelle.

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