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Le mystère de fresques vieilles de 2 000 ans en Chine enfin résolu : du sang humain utilisé comme liant éternel

Science & Vie · mis à jour 3 août

Les peintures rupestres de Huashan, en Chine, doivent leur survie à un mortier de chaux, d'argile et de sang humain, probablement collecté lors d'accouchements, selon des analyses récentes..

Découverte archéologique majeure

Des archéologues ont résolu une énigme vieille de 2 000 ans en Chine, liée à des fresques murales exceptionnellement bien conservées. Ces fresques, découvertes dans des tombes anciennes de la dynastie Han (206 av. J.-C. – 220 ap. J.-C.), posaient une question : comment des pigments appliqués il y a deux millénaires pouvaient-ils encore afficher des couleurs vives aujourd’hui ? Les scientifiques ont identifié un liant inattendu dans la composition de ces fresques : du sang humain. Ce matériau, utilisé comme liant (substance qui maintient ensemble les pigments et les fixent sur un support), aurait permis une durabilité exceptionnelle aux œuvres, expliquant leur état de conservation remarquable.

Rôle du sang humain

Les analyses réalisées par une équipe internationale de chercheurs, incluant des experts en chimie et en archéologie, ont révélé la présence de protéines humaines dans les couches de peinture des fresques. Le sang, riche en protéines comme l’albumine, agit comme un liant naturel en se solidifiant lors du séchage, créant une matrice résistante. Cette technique, bien que surprenante pour des yeux modernes, s’inscrit dans des pratiques artistiques anciennes où des matériaux organiques (comme le sang animal ou humain) étaient couramment employés pour leurs propriétés adhésives et leur capacité à préserver les couleurs. Les chercheurs estiment que cette méthode a été choisie pour sa durabilité, bien supérieure à celle des liants traditionnels comme la colle ou l’œuf, qui se dégradent avec le temps.

Contexte historique et culturel

La dynastie Han, qui a régné sur la Chine de 206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C., est connue pour son développement artistique et technique. Les fresques découvertes dans des tombes de cette époque représentent souvent des scènes de la vie quotidienne, des mythes ou des symboles de pouvoir. L’utilisation du sang humain comme liant pourrait refléter une croyance dans la puissance symbolique ou spirituelle de ce fluide corporel, considéré comme un vecteur de vie ou d’énergie. Les chercheurs soulignent que cette pratique n’était pas généralisée, mais réservée à des œuvres destinées à un usage funéraire ou cérémoniel, où la durabilité était une priorité absolue pour assurer une présence éternelle dans l’au-delà.

Méthodes d'analyse scientifiques

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont utilisé des techniques d’analyse avancées, comme la spectrométrie de masse (méthode permettant d’identifier la composition chimique d’un échantillon) et la chromatographie (technique de séparation des composants d’un mélange). Ces outils ont permis de détecter des traces de protéines humaines dans les couches de peinture, confirmant l’hypothèse du sang comme liant. Les chercheurs ont également comparé ces résultats avec des échantillons de fresques contemporaines utilisant des liants traditionnels, montrant que les œuvres à base de sang humain résistaient mieux à l’épreuve du temps, notamment face à l’humidité et aux variations de température.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte a des répercussions majeures pour la conservation du patrimoine culturel. Elle remet en question certaines méthodes modernes de restauration, qui pourraient endommager des fresques anciennes en utilisant des produits incompatibles avec des liants organiques comme le sang. Les chercheurs recommandent désormais d’adapter les techniques de conservation en tenant compte de la composition originale des œuvres, afin de préserver leur authenticité. Cette avancée pourrait également inspirer des recherches similaires sur d’autres sites archéologiques en Asie ou ailleurs, où des fresques anciennes posent encore des énigmes similaires.

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