Un camp d’été a conservé un moniteur qui a plaidé coupable d’agression contre des enfants
Le camp KL Hockey offre des activités de jour et des séjours de nuit pour enfants en juillet et août..
Bradley Gibbs, un agent du Service de police régional de Durham en Ontario, a plaidé coupable en avril 2026 à deux chefs d’accusation d’agression contre des enfants qu’il connaissait. Ces faits sont liés à une affaire personnelle et non à ses activités professionnelles de policier. Gibbs a occupé un poste de moniteur principal pendant plusieurs semaines cet été au camp KL Hockey, situé à Kawartha Lakes, où il était décrit comme un entraîneur actif et un mentor. Il a démissionné la semaine dernière, après qu’un média (CBC News) ait contacté la direction du camp et lui-même pour obtenir des précisions sur cette affaire. Aucune information supplémentaire n’est divulguée en raison d’une ordonnance de non-publication, qui empêche la publication de détails sensibles pour protéger les victimes.
Le camp KL Hockey, situé à Kawartha Lakes en Ontario, propose des activités de jour et des séjours de nuit pour enfants en juillet et août. Son site web met en avant un environnement sécuritaire, bienveillant et positif pour les campeurs, avec des activités sur glace et hors glace. La direction du camp a soutenu Gibbs pendant une période difficile de sa vie personnelle, selon un courriel envoyé aux parents. Cependant, elle n’a pas précisé si elle était au courant de ses plaidoyers de culpabilité ni pourquoi il a été autorisé à rester en poste malgré cela. Le camp n’est pas membre de l’Association des camps de l’Ontario (ACO), une organisation qui impose des normes strictes, dont la vérification des antécédents judiciaires pour son personnel.
En Ontario, il n’existe actuellement aucune loi exigeant que les camps d’été fassent une vérification des antécédents (ou vérification du casier judiciaire) pour leur personnel travaillant avec des enfants. Cette vérification permet de consulter les condamnations criminelles d’une personne, mais aussi des informations supplémentaires comme les accusations en instance ou les absolutions sous condition. Seuls les camps agréés par l’ACO, une association volontaire, doivent soumettre leur personnel à cette vérification. Sur les quelque 400 camps membres, cette obligation est imposée, mais les camps non membres, comme KL Hockey, ne sont soumis à aucune norme. Le ministère de l’Éducation exige cette vérification uniquement pour les camps de jour accueillant des enfants de moins de 4 ans, considérés comme des centres de garde d’enfants.
Une victime de Bradley Gibbs, aujourd’hui adulte, a exprimé son inquiétude si son enfant avait fréquenté le camp KL Hockey. Elle a indiqué que Gibbs était cofondateur du camp et que la direction en était probablement informée. Un avocat spécialisé en droit du travail, Puneet Tiwari, a qualifié cette absence de législation de « lacune majeure » et a recommandé que l’Ontario impose une vérification obligatoire du casier judiciaire pour tous les employés des camps d’été. Gibbs doit comparaître devant le tribunal en septembre 2026 pour recevoir sa peine. Il travaille toujours pour le Service de police régional de Durham, mais a été réaffecté à un rôle administratif. Toute procédure disciplinaire interne dépendra de l’issue de l’affaire pénale.
Puneet Tiwari conseille aux parents de se renseigner sur les vérifications des antécédents effectuées par les camps d’été avant d’y inscrire leurs enfants. Il souligne que les parents ont le droit de s’attendre à un environnement sécuritaire sans avoir à mener eux-mêmes des enquêtes. Cependant, en l’absence de cadre législatif, les recours des parents sont limités : ils peuvent exiger un remboursement ou retirer leurs enfants pour faire pression, mais aucune sanction légale n’est prévue contre les camps qui ne respectent pas ces vérifications. L’*Association des camps de l’Ontario* (ACO) propose un document public listant plus de 600 normes pour ses membres, dont l’obligation de vérifier le casier judiciaire du personnel. Les parents peuvent consulter ces normes pour évaluer la sécurité d’un camp.

