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La Terre pourrait survivre à la mort du Soleil avec ce plan complètement démesuré

Numerama · mis à jour il y a 27 j

Dans une étude publiée le 13 juillet 2026, un chercheur imagine un plan de méga-ingénierie pour maintenir la Terre habitable après la mort du Soleil. Pare-soleil géant, déplacement de notre planète et lumière artificielle permettraient, de façon très théorique, de prolonger son habitabilité jusqu’à 9,1 millions de milliards d’années..

Un scénario futuriste

Une étude publiée en juillet 2026 par Gabriel Harry, chercheur indépendant, propose un plan théorique pour prolonger l’habitabilité de la Terre bien au-delà de la mort du Soleil. Selon ses calculs, la Terre pourrait rester habitable pendant 9,1 millions de milliards d’années, soit environ neuf millions de fois plus longtemps que sa durée d’habitabilité naturelle. Ce scénario s’appuie sur des technologies de méga-ingénierie à l’échelle du Système solaire, comme un pare-soleil géant, le déplacement de la Terre ou la création d’un Soleil artificiel. L’étude, intitulée « Préserver l’habitabilité de la Terre au-delà de la durée de vie du Soleil », doit paraître dans le Journal of the British Interplanetary Society.

La menace du Soleil

Le Soleil, une étoile de type naine jaune âgée d’environ 4,6 milliards d’années, est actuellement à mi-parcours de sa vie. Avec le temps, sa luminosité augmente, ce qui pose un problème pour la Terre. Dans environ un milliard d’années, cette évolution poussera la Terre hors de la zone habitable, où les températures deviendront trop élevées, les océans s’évaporeront et l’atmosphère sera bouleversée. Quatre milliards d’années plus tard, le Soleil, ayant épuisé son hydrogène, se transformera en géante rouge, engloutissant probablement Mercure, Vénus et peut-être la Terre. Ce scénario rendrait notre planète stérile.

Un écran géant dans l'espace

Pour contrer l’augmentation de la luminosité solaire, Gabriel Harry propose d’installer un pare-soleil spatial de 700 000 kilomètres de diamètre, placé à environ 500 000 kilomètres de la Terre, soit un peu au-delà de l’orbite de la Lune. Ce bouclier, aussi fin qu’un bouclier thermique (0,1 millimètre d’épaisseur), pèserait 100 millions de milliards de kilogrammes et serait fabriqué en aluminium extrait de 0,01 % de la masse de la Lune. Il serait maintenu en position par un câble de 2 millions de kilomètres de long, fabriqué en carbyne (un matériau ultra-résistant à base de carbone), et relié à un contrepoids situé au-delà du point de Lagrange L1 (un point d’équilibre gravitationnel entre la Terre et le Soleil).

Transformer Jupiter en étoile

Masquer le Soleil résoudrait le problème de la chaleur, mais priverait la Terre de lumière, condamnant la biosphère. Pour y remédier, Gabriel Harry suggère de créer un Soleil artificiel en installant des réacteurs à fusion nucléaire à 6 000 kilomètres sous les nuages de Jupiter, où la pression naturelle aiderait à contenir les réactions. Ces réacteurs utiliseraient l’hydrogène et l’hélium de Jupiter comme combustible. L’énergie produite serait transmise vers la Terre via des relais spatiaux pour générer une lumière reproduisant le spectre naturel du Soleil, ainsi que les cycles jour/nuit et les saisons. Les quatre planètes géantes du Système solaire contiendraient assez de carburant pour alimenter ce système pendant 9,1 millions de milliards d’années.

Déplacer la Terre pour la sauver

Même avec un pare-soleil et une lumière artificielle, la Terre risquerait d’être engloutie par le Soleil devenu géante rouge. Pour l’éviter, il faudrait éloigner progressivement notre planète. L’étude propose d’extraire de l’oxygène des profondeurs de Jupiter et de l’envoyer vers la Terre sous forme d’un faisceau de particules passant à proximité. Ces interactions gravitationnelles transféreraient de l’énergie à la Terre, déplaçant son orbite jusqu’à 1,2 fois sa distance actuelle au Soleil. Ce processus durerait 100 millions d’années, avec un débit de 120 000 tonnes d’oxygène par seconde. Le faisceau, réparti sur 1 000 kilomètres, serait conçu pour ne pas menacer l’atmosphère terrestre.

Maintenir une planète viable

Une fois éloignée du Soleil et éclairée artificiellement, la Terre continuerait de vieillir. Son intérieur pourrait se refroidir, stoppant la tectonique des plaques (mouvement des continents) dans environ 1,45 milliard d’années, un phénomène essentiel au recyclage des éléments et à la régulation du climat. Pour compenser, l’étude envisage d’utiliser des sources d’énergie artificielles près du noyau terrestre. Il faudrait aussi importer de l’eau depuis Jupiter, à raison de 1 000 tonnes par an, pour compenser les pertes atmosphériques. Des systèmes de protection contre les astéroïdes et les étoiles errantes seraient également nécessaires. Dans le pire des cas, le Soleil lui-même pourrait être déplacé grâce à des faisceaux d’hydrogène prélevés sur Jupiter.

Ce que ça pourrait changer

Gabriel Harry reconnaît que son plan repose sur des technologies inexistantes aujourd’hui, comme la production industrielle de *carbyne*, des robots miniers *autoréplicants* (capables de se reproduire), ou la fusion contrôlée dans Jupiter. Il suppose aussi qu’une civilisation pourrait entretenir ces infrastructures pendant des milliards d’années sans interruption, malgré les risques de guerres, de catastrophes ou de sabotages. Ce scénario reste donc une *expérience de pensée*, mais il offre une alternative à l’idée de quitter la Terre pour coloniser une autre étoile, un projet potentiellement encore plus complexe. L’étude souligne que transformer notre propre système planétaire pourrait être plus réaliste que de migrer vers un autre système stellaire.

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