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Culture

Retours de terrain : À la frontière avec les jeunes naufragés de Ceuta

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 20 j

Plus de soixante-dix mille personnes, en majorité des jeunes, voire des enfants, ont tenté de rejoindre Ceuta à la nage cet été. Celles et ceux qui ont réussi et n'ont pas été refoulés sont encore des milliers à vivre dans les rues de l'enclave espagnole..

Ceuta, point de crise

Ceuta est une enclave espagnole située au nord du Maroc, entourée par le territoire marocain mais rattachée à l’Espagne et donc à l’Union européenne. En juillet 2026, cette région a été le théâtre d’un événement migratoire majeur : plus de 70 000 personnes, principalement des jeunes et des adolescents, ont tenté de rejoindre Ceuta à la nage pour entrer en Europe. Selon l’Association marocaine des droits humains, 141 personnes ont péri lors de cette tentative. Ceuta symbolise ainsi une porte d’entrée vers l’Europe pour des milliers de personnes fuyant des conditions de vie difficiles au Maroc.

Les harraga, qui sont-ils ?

Le terme harraga (pluriel de harrag, qui signifie « celui qui brûle » en darija, dialecte marocain) désigne des migrants marocains, souvent jeunes, qui tentent de rejoindre l’Europe par tous les moyens, y compris illégaux. Ils « brûlent » leurs papiers, leurs visas ou leurs frontières pour échapper à une réalité économique et sociale difficile. Ces jeunes, majoritairement des hommes mais aussi des femmes et des enfants, sont poussés par le manque d’opportunités au Maroc : absence d’emploi, pauvreté et absence d’avenir. Leur situation reflète une crise structurelle dans le pays.

Une traversée périlleuse

La traversée entre le Maroc et Ceuta, séparés par une frontière maritime de seulement quelques kilomètres, est extrêmement dangereuse. Les migrants, souvent mal équipés, risquent la noyade, l’hypothermie ou les blessures. En juillet 2026, plus de 70 000 personnes ont tenté cette traversée en deux jours seulement, les 30 et 31 juillet. Parmi elles, certaines ont réussi à atteindre Ceuta, mais beaucoup ont été refoulées ou ont perdu la vie. Les survivants se retrouvent ensuite dans les rues ou dans des centres d’accueil d’urgence de l’enclave, sans ressources ni perspectives.

Vie précaire à Ceuta

Les migrants qui parviennent à entrer à Ceuta vivent dans des conditions précaires. Beaucoup dorment dans la rue ou dans des centres d’accueil temporaires, faute de solutions durables. Leur situation illustre les défis humanitaires posés par les crises migratoires. Les autorités espagnoles et européennes doivent gérer l’afflux de ces personnes, souvent sans papiers, tout en respectant les droits humains. Ceuta devient ainsi un symbole des tensions entre l’accueil des migrants et les politiques migratoires restrictives de l’Union européenne.

Ce que ça pourrait changer

La journaliste Marie Vaton, grand reporter au *Nouvel Observateur*, s’est rendue sur place pour recueillir les témoignages de ces jeunes migrants. Leurs récits révèlent un désespoir profond : « Au Maroc, il n’y a rien pour nous, pas d’argent, pas de travail, pas d’avenir », expliquent-ils. Ces paroles soulignent l’urgence d’agir face aux inégalités économiques et sociales qui poussent des milliers de jeunes à risquer leur vie pour un avenir meilleur en Europe. Leur situation met en lumière les failles des politiques migratoires et de développement en Afrique du Nord.

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