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Les États-Unis refusent les observateurs étrangers aux élections de mi-mandat

Le Devoir · mis à jour il y a 8 h

Le régime Trump rompt avec une vieille tradition et un principe auquel le pays avait souscrit en 1990 auprès de l’OCDE..

Élections américaines sans observateurs

Pour la première fois depuis 20 ans, les élections de mi-mandat aux États-Unis, prévues en novembre 2026, ne seront pas suivies par des observateurs électoraux étrangers. Ces observateurs, généralement envoyés par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), une organisation internationale regroupant 57 pays dont les États-Unis, avaient pour mission d’évaluer la transparence et la régularité des scrutins depuis 2002. Leur rôle consiste à vérifier que le processus électoral respecte les normes démocratiques, sans porter de jugement sur le pays lui-même. Cette tradition de collaboration avec l’OSCE s’inscrivait dans le cadre du Document de Copenhague de 1990, un accord international qui engage les États à accepter cette supervision pour garantir le pluralisme et l’État de droit.

Rejet par l'administration Trump

Le gouvernement de Donald Trump a décidé de ne pas inviter les observateurs de l’OSCE pour les élections de mi-mandat de 2026, rompant ainsi avec une pratique établie depuis plus de deux décennies. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large de distanciation vis-à-vis des organisations internationales, perçues comme des contraintes par l’administration actuelle. Les justifications officielles évoquent une volonté de concentrer les ressources limitées de l’OSCE sur des élections jugées plus prioritaires. Cependant, cette position est critiquée par des figures politiques comme la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen, qui y voit une atteinte aux valeurs de transparence et de démocratie. Les États-Unis, en refusant ces observateurs, rejoignent des régimes comme la Russie et la Biélorussie, souvent critiqués pour leur manque de transparence électorale.

Réactions et enjeux démocratiques

La décision américaine a suscité des réactions vives parmi les défenseurs de la démocratie. L’organisation Democracy Renewal Group, fondée par d’anciens employés de l’USAID (Agence américaine pour le développement international), craint que cette exclusion ne prépare le terrain à des perturbations du scrutin. En effet, l’administration Trump a multiplié les mesures controversées, comme l’envoi accru d’agents du département de la Justice pour surveiller les bureaux de vote ou des menaces d’intervention des services d’immigration près des urnes. Ces actions s’ajoutent à des allégations répétées de fraude électorale, jamais étayées par des preuves. En 2024, les observateurs de l’OSCE avaient pourtant qualifié l’élection présidentielle américaine de « bien gérée », « résiliente » et « professionnelle », soulignant la solidité du processus électoral.

Ce que ça pourrait changer

Face à ces tensions, le Parti démocrate a lancé en septembre 2026 une opération appelée *New Battlefield Project* (« Projet nouveau champ de bataille »), visant à recruter 10 000 volontaires pour surveiller les bureaux de vote lors des élections de mi-mandat. Cette initiative reflète les craintes d’une ingérence ou d’une manipulation du scrutin, alors que les républicains risquent de subir des pertes électorales. Le Canada, en revanche, a maintenu sa tradition d’accueillir les observateurs de l’OSCE lors de ses élections fédérales anticipées d’avril 2025, illustrant une approche différente en matière de transparence électorale. Aux États-Unis, l’administration Trump affirme que les élections seront « administrées, suivies et observées par les citoyens américains », sans nécessiter de supervision internationale.

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