Iran : entre mollahs et missiles, l’impossible troisième voie ?
Depuis l’offensive conjointe lancée par Israël et les États-Unis le 28 février 2026, les Iraniens se trouvent pris en étau entre la guerre et la répression organisée par la République islamique. Face à l’impasse du conflit et du régime, quel avenir envisager pour la société iranienne ?.
En février 2026, Israël et les États-Unis ont lancé une offensive conjointe contre l'Iran, marquant un tournant dans les tensions régionales. Ce conflit s'inscrit dans un contexte de rivalités historiques entre ces pays et la République islamique d'Iran, dirigée par un régime théocratique composé de mollahs (religieux chiites au pouvoir). L'Iran est également connu pour son programme de missiles balistiques, considéré comme une menace par plusieurs pays occidentaux et voisins. Depuis cette date, la population iranienne se retrouve prise entre deux feux : les frappes militaires étrangères et la répression interne du régime, qui a déjà fait des centaines de morts lors de manifestations en janvier 2026.
La société iranienne subit une crise multidimensionnelle. D'un côté, les sanctions économiques internationales et les frappes militaires ont aggravé une inflation déjà élevée, réduisant le pouvoir d'achat des ménages. De l'autre, le régime des mollahs maintient un contrôle strict sur la société, limitant les libertés individuelles et les droits des femmes, comme en témoignent les restrictions vestimentaires imposées. La crise économique est aggravée par une fuite des capitaux et une baisse des exportations de pétrole, principale ressource du pays. Selon les experts, le taux de chômage dépasse les 20 %, tandis que la monnaie locale, le rial, a perdu plus de 50 % de sa valeur en deux ans.
En janvier 2026, un mouvement de contestation populaire a éclaté en Iran, porté par des revendications démocratiques et sociales. Ce soulèvement a été violemment réprimé par le régime, avec des centaines de morts et des milliers d'arrestations. Les forces de sécurité, fidèles aux mollahs, ont utilisé des méthodes brutales pour étouffer la révolte, comme des tirs à balles réelles et des arrestations arbitraires. Malgré cette répression, des manifestations sporadiques continuent de se produire, souvent réprimées dans le sang. Azadeh Kian, chercheuse franco-iranienne, souligne que la société iranienne est aujourd'hui dans une impasse, où la contestation pacifique semble impossible.
Les États-Unis et Israël justifient leur offensive par la volonté de limiter l'influence régionale de l'Iran, notamment via son programme nucléaire et ses missiles. Cependant, cette intervention a plongé la population iranienne dans une situation encore plus précaire, sans offrir d'alternative politique claire. Azadeh Kian et Tinouche Nazmjou, deux experts interviewés, soulignent que les frappes militaires ne font qu'aggraver la crise humanitaire et renforcer le régime en place, qui utilise l'ennemi extérieur comme prétexte pour justifier sa répression interne. Les pays européens, quant à eux, restent divisés sur la stratégie à adopter, certains prônant des sanctions ciblées, d'autres une approche diplomatique.
Face à cette situation, la question d'une alternative politique au régime des mollahs se pose avec urgence. Cependant, les divisions au sein de l'opposition, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'Iran, rendent toute transition difficile. Les mouvements démocratiques sont affaiblis par la répression, tandis que les factions plus radicales peinent à proposer un projet politique crédible. Tinouche Nazmjou, éditeur et libraire, évoque la nécessité de soutenir les initiatives culturelles et éducatives pour préserver l'identité iranienne et préparer un éventuel changement. Mais sans soutien international cohérent, les perspectives restent incertaines pour la société iranienne.

