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Culture

Avoir raison avec... H. G. Wells : Un monde qui se consume

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 15 j

Face aux bouleversements industriels, H. G.

Wells et l'énergie

H. G. Wells, écrivain britannique du 19ᵉ et 20ᵉ siècle, a analysé les conséquences de la révolution industrielle sur la société et l'environnement dans ses œuvres. Dans son roman La Destruction libératrice (1913), il décrit un monde où l'énergie, libérée par le capitalisme industriel, devient une menace plutôt qu'une source de progrès. Pour Wells, cette énergie n'apporte pas l'abondance promise, mais accélère la destruction des écosystèmes et des sociétés humaines. Il souligne que plus une société consomme d'énergie, plus elle risque de s'autodétruire, une idée qui anticipe les débats contemporains sur la croissance économique et ses limites écologiques.

Précurseur écologie

Bien avant que le terme écologie ne soit largement utilisé, H. G. Wells en pressentait les enjeux. Dans ses écrits, il évoque la disparition des oiseaux et des insectes, ainsi que la chute possible de l'humanité, trop orgueilleuse pour reconnaître sa propre fin. Ses réflexions sur l'interdépendance entre les espèces et leur environnement font de lui un pionnier de la fiction écologique. Wells a ainsi anticipé la crise écologique actuelle, où la science confirme ses craintes un siècle plus tard. Son approche lie science, sociologie et écologie, montrant que ces disciplines sont indissociables pour comprendre les transformations du monde.

Capitalisme et énergie

Pour Wells, le capitalisme industriel repose sur une logique d'exploitation intensive des ressources énergétiques, menant à un écocide (destruction systématique des écosystèmes). Dans La Destruction libératrice, il décrit une société qui, en cherchant à dominer la nature, finit par se détruire elle-même. Le sociologue Pierre Lagrange explique que Wells voyait l'écologie comme une sociologie scientifique, intégrant les principes de l'évolutionnisme (théorie selon laquelle les espèces évoluent par sélection naturelle) pour comprendre les interactions entre humains et environnement. Wells critiquait l'usage destructeur de la science par le capitalisme, tout en croyant en son potentiel pour éviter une crise majeure.

Science et responsabilité

Wells a toujours défendu l'idée que la science devait être maîtrisée et orientée vers le bien commun, plutôt que laissée aux mains d'un capitalisme aveugle. Ariel Kyrou, spécialiste de science-fiction, souligne que Wells a exploré deux imaginaires clés : celui du dépassement technologique (croire que la technologie peut résoudre tous les problèmes) et celui de la fin du monde (une crise brutale ramenant l'humanité à ses limites). Pour Wells, la science n'est pas neutre : son usage dépend des choix politiques et économiques. Il craignait que l'énergie nucléaire, par exemple, ne devienne une menace si elle était exploitée sans contrôle, une intuition confirmée par les catastrophes nucléaires ultérieures.

Ce que ça pourrait changer

Les idées de Wells résonnent fortement avec les débats actuels sur l'urgence climatique et la transition énergétique. Ses textes, écrits il y a plus d'un siècle, décrivent des scénarios qui rappellent les défis modernes : épuisement des ressources, effondrement des écosystèmes et risques technologiques. Pierre Lagrange précise que Wells a contribué à forger une vision où l'écologie n'est pas seulement une science, mais une *sociologie de la survie*, intégrant les dimensions sociales, économiques et environnementales. Son œuvre invite à repenser notre rapport à l'énergie et à la nature, bien avant que ces questions ne deviennent centrales dans le débat public.

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