Français à la Défense nationale : une pétition déposée à la Chambre des communes
Une pétition est déposée pour dénoncer une directive de la Défense qui réduirait la place du français,.
Un ancien militaire, Éric Sauvé, originaire de Gatineau, a déposé une pétition à la Chambre des communes le mardi 19 août 2026. Cette pétition, soutenue par le député conservateur Pierre Paul-Hus, demande au ministère de la Défense nationale du Canada d’annuler une directive récente qui réduit l’usage du français dans les lieux de travail. La directive en question, appelée Directive et ordonnance administrative de la défense (DOAD) 5039-2, concerne les langues officielles en milieu de travail et a été mise à jour en 2025. Elle modifie les règles pour déterminer si le français, l’anglais ou les deux doivent être utilisés selon l’emplacement géographique des bases militaires.
La mise à jour de la directive DOAD 5039-2 en 2025 a entraîné des changements dans la désignation des langues de travail au sein des Forces armées canadiennes (FAC). Désormais, certaines unités militaires considérées comme bilingues auparavant doivent désormais utiliser uniquement l’anglais comme langue de travail. Éric Sauvé, qui a servi 22 ans dans les FAC, critique cette décision en affirmant qu’elle envoie un message négatif aux anglophones, minimisant l’importance du français. Il souligne que dans la majorité des bases canadiennes, l’anglais devient la langue dominante, ce qui pourrait nuire à la cohésion et à la mission des Forces armées.
Le ministère de la Défense nationale a justifié sa décision en expliquant que certaines organisations militaires situées dans des régions unilingues anglophones rencontraient des difficultés à respecter leurs obligations linguistiques. Ces difficultés auraient entraîné des plaintes et de la frustration parmi les employés. Plutôt que d’investir dans des ressources pour atteindre le niveau de bilinguisme exigé, le ministère a choisi d’annuler la politique de bilinguisme dans ces zones spécifiques. Éric Sauvé conteste cette approche, estimant qu’elle affaiblit la présence institutionnelle du français au sein des Forces armées.
La pétition déposée par Éric Sauvé formule trois principales demandes envers le ministère de la Défense. Premièrement, elle exige l’abolition complète de la directive DOAD 5039-2. Deuxièmement, elle demande le rétablissement d’un système permettant de désigner officiellement bilingues les unités, organisations ou établissements militaires lorsque leur mission ou leurs responsabilités le justifient. Enfin, elle exige que le ministère prenne des mesures pour renforcer durablement la présence du français et améliorer le bilinguisme comme capacité opérationnelle et stratégique au sein des Forces armées.
Éric Sauvé défend l’idée que le bilinguisme est un atout majeur pour les Forces armées canadiennes. Selon lui, cette compétence permet aux militaires de mieux s’intégrer lors de missions à l’étranger, notamment en facilitant les échanges avec les organisations non gouvernementales (ONG) locales et les populations francophones. Il souligne que la francophonie mondiale compte 93 États, ce qui rend le bilinguisme une ressource précieuse pour les opérations militaires. Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, a ordonné la semaine précédant le dépôt de la pétition un examen et une révision des désignations de langue de travail au sein des FAC, sans pour autant remettre en cause la directive contestée.

