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Culture

Sommes-nous responsables de ce que font les "nôtres" ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 29 j

Peut-on être tenu responsable des actes commis au nom du groupe auquel on appartient ? Le philosophe Paul Audi interroge cette forme de coresponsabilité qui, sous couvert d’identité collective, peut se transformer en présomption de culpabilité..

Responsabilité collective

La question centrale de l’article porte sur la coresponsabilité, c’est-à-dire l’idée qu’une personne pourrait être tenue pour responsable des actes commis par d’autres membres d’un même groupe auquel elle appartient. Le philosophe Paul Audi, invité de l’émission, interroge cette notion dans son livre Partie prenante: de quoi sommes-nous responsables ?. Selon lui, cette coresponsabilité peut devenir un piège identitaire : elle transforme une appartenance collective (religieuse, nationale, politique, etc.) en une présomption de culpabilité. Par exemple, lors d’une primaire socialiste, Ségolène Royal a demandé aux Juifs de France de se désolidariser des actions de Benyamin Netanyahou, alors qu’ils n’avaient aucun lien direct avec ses décisions. Cette demande illustre comment l’identité peut servir de prétexte pour attribuer une responsabilité collective, même en l’absence de participation individuelle.

Identité et culpabilité

Paul Audi explique que la coresponsabilité repose sur une confusion entre identité et responsabilité. L’identité renvoie à ce qui nous définit (notre origine, notre religion, notre nationalité, etc.), tandis que la responsabilité implique un lien direct avec une action ou une décision. Dans l’article, l’exemple de la Coupe du monde est cité : les supporters d’une équipe nationale sont souvent félicités ou critiqués pour les performances de leurs joueurs, alors qu’ils n’ont aucun contrôle sur ces résultats. Cette logique s’applique aussi à des contextes politiques ou sociaux. Par exemple, en 2024, des groupes comme les Juifs pro-palestiniens défilant à Londres ont été associés, par certains, aux actions du gouvernement israélien, bien qu’ils n’en soient pas responsables. Pour Audi, cette présomption de culpabilité collective est une forme d’injustice, car elle nie l’autonomie individuelle.

Piège identitaire

Le philosophe qualifie la coresponsabilité de piège identitaire car elle enferme les individus dans une identité collective qui les dépasse. Ce piège se manifeste de deux manières : d’abord, par la pression sociale exercée sur les membres d’un groupe pour qu’ils se désolidarisent des actes de leurs

Exemples concrets

L’article illustre cette problématique avec plusieurs exemples concrets. En 2024, des manifestations pro-palestiniennes à Londres ont été associées, par certains commentateurs, aux actions du gouvernement israélien, bien que les manifestants n’aient aucun lien avec ces décisions. Un autre exemple est celui de la Coupe du monde de football : les supporters d’une équipe sont souvent tenus pour responsables des performances de leurs joueurs, alors qu’ils n’ont aucun contrôle sur ces résultats. Enfin, l’article mentionne la demande de Ségolène Royal aux Juifs de France de se désolidariser de Benyamin Netanyahou, une demande qui illustre comment l’identité peut servir de prétexte pour attribuer une responsabilité collective. Ces exemples montrent que la coresponsabilité est une notion souvent mal comprise et mal appliquée dans le débat public.

Conséquences sociales

La coresponsabilité, lorsqu’elle est mal comprise ou mal utilisée, peut avoir des conséquences sociales graves. Elle peut alimenter les tensions entre groupes, renforcer les stéréotypes et créer un climat de méfiance. Par exemple, en associant des individus à des actes qu’ils n’ont pas commis, elle peut nourrir des sentiments de honte ou de colère injustifiés. De plus, elle peut encourager les membres d’un groupe à se désolidariser de leurs

Ce que ça pourrait changer

Paul Audi propose une réflexion philosophique sur la notion de responsabilité. Pour lui, la coresponsabilité est une forme de *présomption de culpabilité* qui nie l’autonomie individuelle. Il rappelle que la responsabilité implique un lien direct avec une action ou une décision, et que l’identité ne peut pas servir de prétexte pour attribuer cette responsabilité. Cette réflexion s’inscrit dans un débat plus large sur la manière dont les sociétés modernes gèrent les questions d’identité et de responsabilité collective. Pour Audi, il est essentiel de distinguer clairement l’identité de la responsabilité, afin d’éviter les injustices et les tensions sociales qui découlent de cette confusion.

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