La France, pays le plus visité par les papes
Léon XIV effectue sa première visite en France, passant par Paris, Saint-Denis, Lourdes et Metz. À l’ère contemporaine, depuis que les voyages des souverains pontifes sont devenus essentiels à l’activité du Saint-Siège, la France est le pays qu’ils ont le plus visité (après l’Italie, évidemment)..
Depuis l’ère contemporaine, la France est le pays le plus visité par les papes après l’Italie. Cette tradition remonte à l’initiative de Paul VI en 1964, qui a lancé les voyages apostoliques modernes. Léon XIV, élu pape en 2026, effectue sa première visite officielle en France du 25 au 28 septembre 2026, marquant ainsi le quatrième voyage d’un souverain pontife dans l’hexagone. Cette visite s’inscrit dans une longue histoire de liens entre la France et le Saint-Siège, avec des étapes symboliques comme Paris, Saint-Denis, Lourdes et Metz. Le pape y encourage le renouveau des baptêmes d’adultes et d’adolescents, une thématique déjà abordée par ses prédécesseurs.
Jean-Paul II détient le record de visites en France avec huit voyages entre 1978 et 2005, dont le premier en mai 1980. Ce pape polonais, premier non italien depuis cinq siècles, a marqué les esprits par son discours au Bourget où il s’adresse à la France en ces termes : « France, fille aînée de l’église, qu’as-tu fais des promesses de ton baptême ? ». Ce voyage, marqué par des étapes comme l’Unesco et la basilique de Saint-Denis, a aussi été l’occasion de célébrer une messe pour les ouvriers, avec des homélies en plusieurs langues. Jean-Paul II a également lancé les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ), attirant un million de participants à Longchamp en 1997. Il est le seul pape à s’être rendu dans les territoires d’outre-mer, comme La Réunion en 1989, où il a prononcé quelques mots en créole avant de quitter l’île en Concorde.
Benoît XVI, pape allemand et spécialiste de la langue française, a effectué un unique voyage en France en 2008, visitant Lourdes et Paris. Son discours au collège des Bernardins, devant des personnalités du monde culturel, est considéré comme l’un des plus marquants de son pontificat. Il y développe l’idée que la foi et la raison ne s’opposent pas, affirmant que la recherche de Dieu a été à l’origine de la culture universelle. Ce pape, admirateur de la culture chrétienne française, a souligné le rôle des moines du Moyen Âge dans la construction des fondements de l’Europe. Son intervention a marqué un tournant dans le dialogue entre l’Église et les milieux intellectuels.
Le pape François, originaire d’Argentine, a affiché une distance notable envers la France, pays qu’il n’a jamais visité officiellement malgré trois déplacements. Selon Giovanni-Maria Vian, ancien directeur de l’Osservatore Romano, cette réticence s’explique par les racines sud-américaines du pape, son rejet du passé colonial français et son attachement à une laïcité rigoureuse. Ses visites en France, comme celle à Strasbourg en 2014 ou à Marseille en 2023, ont été présentées comme des déplacements aux institutions européennes ou aux Rencontres méditerranéennes, et non comme des voyages officiels. En 2024, il a choisi la Corse pour un colloque sur la religiosité populaire, où il a plaidé pour une laïcité « dynamique », favorisant la coopération entre autorités civiles et religieuses.
La France occupe une place particulière dans l’histoire du catholicisme en raison de son alliance historique entre le trône et l’Église, symbolisée par la formule *« fille aînée de l’Église »*, liée au baptême de Clovis en 496. Cette expression, reprise par Jean-Paul II en 1980, reflète l’importance du pays dans la tradition chrétienne. Les voyages des papes en France, qu’ils soient officiels ou non, soulignent aussi les tensions entre foi et laïcité, entre héritage religieux et modernité. Léon XIV, en visitant la France dès le début de son pontificat, s’inscrit dans cette lignée tout en cherchant à raviver l’engagement religieux, notamment chez les jeunes.

