« Elles seront les dernières à brûler » : face au chaos climatique, les vieilles forêts résistent
Là où elles subsistent, les vieilles forêts semblent moins dépérir que les autres face au réchauffement climatique. Leur biodiversité est une des clés de leur robustesse.
Les forêts anciennes, aussi appelées forêts primaires ou forêts matures, sont des écosystèmes forestiers qui n'ont pas subi d'interventions humaines significatives depuis plusieurs siècles. Elles abritent une biodiversité exceptionnelle et jouent un rôle clé dans la régulation du climat en stockant d'importantes quantités de carbone dans leur biomasse et leurs sols. Selon l'article, ces forêts sont particulièrement résistantes aux perturbations climatiques, contrairement aux plantations forestières ou aux jeunes forêts. Pourtant, elles restent vulnérables aux activités humaines comme l'exploitation forestière ou la conversion des terres à d'autres usages. En Europe, moins de 1 % des forêts sont considérées comme anciennes, ce qui les rend encore plus précieuses et menacées.
Les forêts agissent comme des puits de carbone, c'est-à-dire qu'elles absorbent le dioxyde de carbone (CO₂) présent dans l'atmosphère et le stockent sous forme de biomasse (bois, feuilles, racines) ou dans les sols. Ce processus est essentiel pour limiter le réchauffement climatique, car le CO₂ est un gaz à effet de serre (GES) responsable du changement climatique. Les forêts anciennes, avec leurs arbres de grande taille et leurs sols profonds, stockent jusqu'à deux fois plus de carbone que les forêts jeunes ou gérées. Par exemple, une étude citée dans l'article indique qu'une forêt ancienne en Europe peut stocker en moyenne 300 tonnes de carbone par hectare, contre 150 tonnes pour une forêt exploitée. Leur préservation est donc cruciale dans la lutte contre le chaos climatique.
Malgré leur importance écologique, les forêts anciennes sont soumises à des pressions croissantes. L'exploitation forestière, notamment pour le bois d'œuvre ou la production de papier, représente une menace majeure. En Europe, environ 60 % des forêts sont gérées de manière intensive, ce qui limite leur capacité à vieillir naturellement. D'autres activités, comme l'agriculture, l'urbanisation ou les infrastructures, réduisent également les surfaces de forêts anciennes. Par ailleurs, le changement climatique lui-même peut fragiliser ces écosystèmes, en augmentant la fréquence des incendies, des sécheresses ou des attaques d'insectes. L'article souligne que ces forêts, bien que résistantes, pourraient atteindre un point de bascule si les pressions s'intensifient.
Face à ces enjeux, des initiatives locales et internationales visent à protéger les forêts anciennes. En France, des associations comme Canopée ou Forêts Sauvages militent pour la création de réserves intégrales, c'est-à-dire des zones où aucune exploitation forestière n'est autorisée. À l'échelle européenne, des projets comme Wild Europe encouragent la préservation des forêts primaires. Cependant, ces efforts restent limités par des cadres juridiques souvent insuffisants. Par exemple, seulement 5 % des forêts européennes bénéficient d'une protection stricte. L'article mentionne également des exemples concrets, comme la forêt de Bialowieza en Pologne, où des conflits persistent entre conservation et exploitation économique.
Les forêts anciennes démontrent une capacité surprenante à résister aux changements climatiques, grâce à leur diversité biologique et à leur résilience naturelle. Elles abritent des espèces d'arbres adaptées à des conditions variées, ce qui leur permet de mieux faire face aux perturbations. Par exemple, certaines forêts anciennes en Amérique du Nord ont survécu à des incendies ou des ouragans grâce à leur structure complexe. En Europe, des études montrent que ces forêts maintiennent leur fonction de stockage de carbone même après des épisodes de sécheresse. Leur préservation est donc un atout majeur pour atténuer les effets du chaos climatique, mais leur survie dépendra des actions humaines dans les décennies à venir.

