“Les Misérables” : un périple philosophique… et religieux
Une nouvelle version cinématographique des *Misérables*, réalisée par Fred Cavayé, sort en salles le mercredi 16 octobre 2026. Ce film met en scène Vincent Lindon dans le rôle de Jean Valjean et Tahar Rahim dans celui de Javert. Cette sortie offre l’occasion de revenir sur la préface que Victor Hugo avait rédigée pour son roman en 1860, qu’il avait lui-même qualifiée de *philosophique*. Dans cette préface, Hugo y expose sa *philosophie religieuse personnelle*, une réflexion qui dépasse le simple cadre littéraire pour aborder des questions métaphysiques et spirituelles.
Une nouvelle version cinématographique des Misérables, réalisée par Fred Cavayé, sort en salles le mercredi 16 octobre 2026. Ce film met en scène Vincent Lindon dans le rôle de Jean Valjean et Tahar Rahim dans celui de Javert. Cette sortie offre l’occasion de revenir sur la préface que Victor Hugo avait rédigée pour son roman en 1860, qu’il avait lui-même qualifiée de philosophique. Dans cette préface, Hugo y expose sa philosophie religieuse personnelle, une réflexion qui dépasse le simple cadre littéraire pour aborder des questions métaphysiques et spirituelles.
En 1860, Victor Hugo, exilé à Guernesey, reprend la rédaction des Misérables après l’avoir mise de côté pendant 12 ans. Avant de replonger dans son récit, il consacre plusieurs mois à rédiger une série de notes intitulée simplement Philosophie. Cette préface n’est pas un ouvrage de philosophie au sens strict, mais plutôt une méditation poétique ou une profession de foi prophétique. Hugo y décrit son texte comme l’expression de sa philosophie religieuse personnelle, où il affirme établir Dieu et l’Âme (concept désignant ici la dimension spirituelle de l’être humain). Il précise que cette préface peut servir soit pour les Misérables, soit pour ses autres œuvres.
Victor Hugo se présente comme un déiste, c’est-à-dire une personne qui croit en l’existence d’un Dieu, mais qui rejette toutes les religions organisées. Dans sa préface, il déclare croire et prier, tout en affirmant être étranger à toutes les religions actuellement régnantes et en dehors des religions écrites. Il respecte cependant toutes les croyances, à condition qu’elles ne deviennent pas des superstitions. Son approche se distingue par une distinction entre le côté divin des religions – qui inclut l’aspiration à l’infini, l’amour du prochain et le sens du sacré – et leur côté humain, représenté par les institutions, les dogmes, le clergé et les conflits de pouvoir. C’est ce dernier aspect qu’il critique vivement.
Pour Victor Hugo, les religions organisées sont souvent réduites à leur côté humain, c’est-à-dire à leurs structures rigides et à leurs luttes de pouvoir. Il craint que ces aspects n’étouffent la dimension spirituelle et morale des croyances. Cette critique est au cœur du roman Les Misérables, où il oppose les institutions figées à la vie de la conscience (la capacité de chaque individu à réfléchir et à agir selon sa morale) et à l’amour (comme force de rédemption et de justice). Le roman illustre ainsi cette tension entre les règles imposées par les institutions et la liberté intérieure des personnages, notamment à travers le parcours de Jean Valjean.
Victor Hugo ne cherche pas à construire un système philosophique rigoureux dans sa préface. Son approche relève davantage de la *méditation poétique* ou de la *profession de foi prophétique* que d’un raisonnement structuré. Il décrit lui-même son texte comme une expression de sa *philosophie religieuse personnelle*, où il mêle des réflexions sur le cosmos, la place de l’homme dans le vivant et des considérations métaphysiques. Cette préface, bien que non conventionnelle, offre un éclairage unique sur la manière dont Hugo envisage la spiritualité, en dehors des cadres religieux traditionnels.

