La fusillade à Toronto ravive les inquiétudes quant à la sécurité des festivals
Deux personnes sont mortes et plusieurs autres ont été blessés dans la fusillade survenue samedi à Toronto..
Une fusillade a éclaté samedi soir lors du festival Salsa on St. Clair à Toronto, près de l’intersection des avenues St. Clair Ouest et Arlington. L’événement, qui célébrait la culture latine, rassemblait environ 13 000 personnes. Selon la police, l’incident résulterait d’un échange de coups de feu entre des individus, faisant cinq morts et plusieurs blessés. La fusillade s’est produite vers 20 heures, dans un quartier résidentiel où les organisateurs n’avaient pas pu enclaver entièrement le site en raison de son emplacement. Cet événement a ravivé les craintes concernant la sécurité des grands rassemblements publics, notamment les festivals en plein air.
En réponse aux inquiétudes croissantes, la mairesse dToronto, Olivia Chow, a annoncé en mai 2026 l’attribution d’une subvention de 2,1 millions de dollars pour aider les organisateurs de festivals à améliorer leur sécurité. Ce financement, issu d’un programme lancé en 2024, vise à couvrir des coûts élevés comme l’embauche de policiers supplémentaires, l’installation de barrières antibélier, de détecteurs de métal ou encore le déploiement de services d’urgence médicale et d’incendie. L’objectif est d’éviter l’annulation d’événements pour des raisons financières liées à la sécurité. Cependant, ces mesures restent coûteuses, comme le souligne Alexis Lavoie-Bouchard, conseiller en sécurité événementielle, qui estime que les coûts sont astronomiques et appelle à la création de programmes de subventions plus larges.
Les festivals en plein air gratuits, comme le Salsa on St. Clair à Toronto ou le Festival international de jazz de Montréal, posent des défis particuliers en matière de sécurité. Contrairement aux sites enclavés comme ceux des fêtes nationales, où des clôtures permettent d’installer des points d’entrée contrôlés avec des fouilles, les quartiers résidentiels ou les espaces ouverts rendent difficile l’organisation de contrôles systématiques. Alexis Lavoie-Bouchard explique que, dans ces cas, les forces de l’ordre doivent déployer des agents mobiles à l’intérieur des foules pour repérer d’éventuels individus armés ou recherchant la confrontation. Cette logistique complexe limite l’efficacité des mesures de sécurité.
Un an avant la fusillade de Toronto, un drame similaire s’était produit lors du festival Lapu Lapu à Vancouver, où un véhicule avait foncé dans la foule. Une commission d’enquête avait alors été mandatée pour analyser les lacunes en matière de sécurité. Son rapport, publié en 2025, avait révélé un manque de personnel, des coûts croissants, des responsabilités floues entre les différents acteurs (villes, organisateurs, services d’urgence) et des conseils fragmentés, surtout pour les petites localités. La commission avait proposé la création d’un centre provincial unique pour centraliser la formation, les ressources et les conseils pratiques, ainsi que l’octroi d’aides financières pour réduire le fardeau des coûts de sécurité.
Les experts et les rapports soulignent l’importance d’une coordination claire entre les différents niveaux de gouvernement pour améliorer la sécurité des festivals. Marcel Savard, ex-directeur général adjoint à la *Sûreté du Québec*, explique que les forces de l’ordre doivent être mobiles et réactives pour distinguer les menaces dans des foules denses. La commission d’enquête de Vancouver avait également recommandé aux instances provinciales de définir précisément les responsabilités de chaque acteur afin d’éviter les zones floues. L’objectif est de mettre en place des mécanismes centralisés, comme un centre provincial, pour uniformiser les pratiques et faciliter l’accès aux ressources financières et logistiques.

