Italie : à un an des législatives, l’opposition à Meloni de plus en plus fracturée
Les prochaines élections législatives transalpines devraient avoir lieu en octobre 2027, et pour espérer les remporter, les deux principaux partis d’opposition, le Parti démocrate et le Mouvement 5 étoiles, devront forcément s’allier. Or, les différents sont importants entre ces deux forces politiques, notamment au sujet du soutien à l’Ukraine..
Les prochaines élections législatives en Italie sont prévues pour octobre 2027. Ces élections détermineront si Giorgia Meloni, actuelle présidente du Conseil (équivalent de Première ministre), conserve son poste. Une nouvelle loi électorale, surnommée Stabilicum, a été introduite pour ces élections. Elle prévoit deux changements majeurs : une prime de majorité pour la coalition obtenant au moins 42 % des voix, et l'obligation pour cette coalition de désigner à l'avance son candidat au poste de Premier ministre. Ces modifications visent à stabiliser le système politique italien en encourageant les alliances entre partis avant le scrutin.
Pour espérer battre Giorgia Meloni en 2027, les partis d'opposition doivent s'unir. Cependant, les deux principaux partis de centre gauche, le Parti démocrate (PD) et le Mouvement 5 étoiles (M5S), sont profondément divisés. Leur alliance, surnommée le champ large, est fragilisée par des désaccords majeurs, notamment sur la question du soutien à l'Ukraine. Le PD, proche des positions de l'Union européenne, soutient une aide militaire à l'Ukraine, tandis que le M5S, dirigé par Giuseppe Conte, s'y oppose. Cette division menace la cohésion de l'opposition et réduit ses chances de victoire.
Le désaccord entre le PD et le M5S porte principalement sur le soutien militaire à l'Ukraine. Le leader du M5S, Giuseppe Conte, a déclaré que son parti ne voterait pas pour le soutien militaire à l'Ukraine, tout en soutenant les aides économiques et les sanctions. Il propose une initiative diplomatique européenne pour négocier avec la Russie, ce qui contraste avec la position du PD, alignée sur celle de l'Union européenne. Ces divergences remontent à 2023, où le M5S et d'autres petits partis de gauche ont systématiquement voté contre les décrets prolongeant le soutien militaire à l'Ukraine, contrairement au PD.
Malgré les tensions, la secrétaire générale du PD, Elly Schlein, tente de préserver l'alliance avec le M5S pour maximiser les chances de victoire. Elle a accepté de présenter une résolution commune avec le M5S et le parti AVS (gauche) appelant à reconsidérer les engagements de dépenses pris dans le cadre de l'OTAN et à éviter toute augmentation des dépenses militaires. Cependant, une partie du PD a déjà annoncé qu'elle ne soutiendrait pas cette résolution, illustrant les divisions internes au parti. Ces tensions montrent à quel point il sera difficile de concilier les positions des différents partis avant les élections.
Pour battre Meloni, l'opposition devra trouver un compromis entre ses différentes forces politiques. Elly Schlein, leader du PD, propose de commencer par rédiger un programme commun avant d'organiser des primaires pour désigner un candidat unique. Ces primaires s'annoncent mouvementées en raison des divergences persistantes, notamment sur la politique étrangère. Trois petits partis centristes pourraient également rejoindre cette coalition, mais leur soutien dépendra de la capacité des grands partis à surmonter leurs différences. Sans une alliance solide, les chances de victoire de l'opposition restent faibles.

