Les Alouettes sur les bancs d’école chaque semaine pour apprendre le français
Ces séances de 20 à 30 minutes se tiennent la veille de chaque match de l'équipe..
Depuis plusieurs semaines, les joueurs des Alouettes de Montréal participent à des ateliers de français d'une durée de 20 à 30 minutes, organisés la veille de chaque match. Ces séances visent à les familiariser avec des expressions typiquement québécoises, des mots-clés du vocabulaire local et la prononciation du français. L'objectif est d'intégrer la culture francophone au sein de l'organisation sportive. Les ateliers sont animés par Mélodie Aumais, coordonnatrice des projets marketing de l'équipe, qui y ajoute une dimension ludique et compétitive pour motiver les joueurs. Environ 60 joueurs participent régulièrement à ces cours, dans une ambiance conviviale mais parfois animée.
L'idée de promouvoir le français au sein des Alouettes a été renforcée avec l'arrivée de l'entraîneur-chef Jason Maas en 2023. Ce dernier a introduit un cri de ralliement, le « 4-2-5 », en référence au 425e escadron de l'Aviation royale canadienne, un escadron entièrement francophone fondé en 1942 durant la Seconde Guerre mondiale. Ce symbole illustre l'identité de l'équipe et son attachement à la culture québécoise. Pour Maas, cette démarche reflète la volonté de mieux représenter le Québec, une province distincte du reste du Canada. Il souligne que ces actions pourraient contribuer à une meilleure intégration de l'équipe dans son environnement local.
Le français occupe une place croissante dans l'identité des Alouettes, notamment grâce à des figures comme Marc-Antoine Dequoy, un maraudeur québécois aujourd'hui à la retraite. Ce dernier est devenu un symbole fort de la culture francophone après son plaidoyer en français après la victoire à la Coupe Grey en 2023. Son intervention a marqué les esprits et mis en lumière l'importance de la langue française au sein de l'équipe. Les joueurs francophones de l'organisation jouent également un rôle actif en encourageant leurs coéquipiers anglophones à apprendre le français, renforçant ainsi la cohésion d'équipe.
Les ateliers de français intègrent des jeux et des compétitions pour rendre l'apprentissage plus attractif. Mélodie Aumais, qui alterne entre son rôle de coordonnatrice et celui d'enseignante, utilise des méthodes interactives pour capter l'attention des joueurs. L'objectif n'est pas de rendre les joueurs bilingues du jour au lendemain, mais de les encourager à faire des efforts concrets pour communiquer en français, que ce soit avec les médias, les supporters ou leurs coéquipiers. Les progrès sont visibles, notamment dans la prononciation, et les joueurs semblent très investis dans cette démarche, comme en témoigne Tyson Philpot, receveur vedette, pour qui l'apprentissage du français va au-delà de la simple communication : il s'agit d'une question de culture et d'intégration à la société québécoise.
Les joueurs anglophones montrent un vif intérêt pour ces ateliers, comme en attestent les capsules humoristiques diffusées sur les réseaux sociaux de l'équipe, où ils tentent de prononcer des expressions québécoises. Jason Maas, l'entraîneur-chef, participe également à cet effort en utilisant une application pour améliorer son français, bien qu'il reconnaisse humblement ses limites avec une phrase en anglais : « No, it’s not! Comme ci, comme ça. Trust me, it's going, I'm trying. I hope it gets better as it goes. » Son engagement sert d'exemple pour l'ensemble de l'équipe. Les joueurs francophones, quant à eux, jouent un rôle moteur en encourageant leurs collègues à apprendre la langue, renforçant ainsi la dynamique collective autour du français.
Pour les Alouettes, l'intégration du français dépasse le cadre sportif : il s'agit d'une démarche culturelle et identitaire. L'équipe se veut une représentation du Québec et souhaite que ses joueurs s'imprègnent de cette culture locale. Mélodie Aumais souligne que parler français permet aux joueurs de mieux communiquer avec les supporters et de s'intégrer dans la société québécoise. L'apprentissage se fait progressivement, un mot et un jeu à la fois, en équipe, reflétant ainsi l'esprit de solidarité qui caractérise le football. Cette initiative vise à renforcer le lien entre l'équipe et le public québécois, tout en valorisant la diversité linguistique au sein de l'organisation.

