‘They hate us more now’: Treaty Chiefs rally against Alberta separatism
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Le 14 juin 2026, environ 250 personnes, incluant des membres des Premières Nations et des alliés non autochtones, se sont réunies à Calgary pour un rassemblement appelé Treaty Unity rally. Cet événement, organisé par la Confédération des Pieds-Noirs, s'est tenu à Mohkinstsis (nom autochtone signifiant le confluent, où se rejoignent les rivières Bow et Elbow) une semaine avant la Journée nationale des peuples autochtones. L'objectif était de s'opposer au mouvement séparatiste albertain, porté par le gouvernement de la Première ministre Danielle Smith. Les chefs des traités 6, 7 et 8 ont participé à cette manifestation, qui a débuté par une cérémonie traditionnelle du calumet, symbole de paix et d'unité.
Les chefs autochtones ont vivement critiqué le mouvement séparatiste albertain, le comparant à la rhétorique politique de Donald Trump, notamment lors de sa campagne de 2015 où il a tenu des propos jugés racistes envers les Mexicains. Le chef Troy Knowlton de la Nation Piikani a accusé le gouvernement Smith de donner une tribune à des discours de haine envers les Premières Nations, en légitimant des idées comme celle selon laquelle les Autochtones seraient des « envahisseurs ». Knowlton a également évoqué une augmentation des contenus racistes générés par intelligence artificielle ciblant les leaders autochtones, ainsi qu'une montée des actes de discrimination depuis le lancement du mouvement séparatiste.
Le gouvernement albertain a tenté d'organiser un référendum sur la séparation de la province, mais cette initiative a été bloquée par une décision de justice le 29 mai 2026. La Cour du banc du Roi, sous la présidence de la juge Shaina Leonard, a annulé la pétition séparatiste, estimant que le gouvernement avait failli à son obligation de consulter les Premières Nations avant de la valider. Le gouvernement Smith a fait appel de cette décision, qualifiant la décision de « juridiquement incorrecte et antidémocratique ». Les chefs autochtones ont rappelé que les traités, notamment le Section 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, protègent leurs droits ancestraux et issus de traités, et que toute modification unilatérale de ces droits est impossible sans leur consentement.
Le chef Samuel Crowfoot de la Nation Siksika a rappelé que les traités, comme le Traité 7 signé en 1877, ont été systématiquement violés depuis leur signature. Il a cité des exemples concrets : la restriction du droit de libre circulation des Autochtones sur leurs terres, l'interdiction de leurs langues et cérémonies, et le système des pensionnats autochtones. Crowfoot a souligné que les droits issus des traités sont toujours menacés, avec une réduction drastique des périodes de consultation fédérale pour les projets industriels (passées de 24 mois à 90 jours) et une diminution de plus de 90 % des terres de chasse accessibles. Il a averti que, sans action, les Premières Nations pourraient bientôt devoir demander des compensations pour la perte de leurs droits plutôt que de pouvoir les exercer.
Les chefs autochtones ont appelé à une mobilisation collective pour défendre les traités et s'opposer au séparatisme. Le chef Sheldon Sunshine de la Nation crie de Sturgeon Lake a insisté sur le fait que les traités étaient des accords de partage de la terre, et non de cession, et que leur violation par les gouvernements met en péril la paix et la coexistence. Il a souligné que les Premières Nations de l'Alberta se mobilisent ensemble pour montrer une force unie, fondée sur la souveraineté et l'unité plutôt que sur des lois unilatérales. L'ancien chef de l'opposition albertaine, Naheed Nenshi, a également participé au rassemblement, rappelant les liens historiques entre les traités et les communautés autochtones et non autochtones.
Le gouvernement albertain a menacé d'appliquer des lois répressives, comme la loi sur les infrastructures critiques, qui prévoit des peines supplémentaires pour les blocages de routes, voies ferrées ou pipelines, en cas de résistance autochtone au référendum séparatiste. Le Grand Chef Trevor Mercredi de la Nation Treaty 8 a prévenu que les Premières Nations pourraient recourir à des actions de désobéissance civile, y compris des blocages d'infrastructures, si l'Alberta persiste sans leur consentement. Par ailleurs, des organisateurs séparatistes, comme ceux du Alberta Prosperity Project, auraient rencontré des responsables du département d'État américain pour discuter d'un soutien financier de 500 milliards de dollars en cas de séparation, ce qui a suscité des inquiétudes quant à une ingérence étrangère dans la souveraineté canadienne.
Les chefs autochtones ont réaffirmé que les traités, et non le séparatisme, constituent la base sur laquelle repose l'Alberta. Ils ont appelé l'ensemble des Albertains, autochtones et non autochtones, à défendre ces accords historiques qui garantissent les droits de tous. Le chef Ellery Starlight de la Nation Tsuut'ina a mis en garde contre les dangers d'un discours politique qui normalise l'hostilité envers les Autochtones et menace leur sécurité, tout en appelant à une alliance entre toutes les communautés pour protéger leur terre et leurs droits. Les traités, selon Starlight, sont des pactes de paix et de commerce qui ont été trahis dès leur signature, mais qui restent aujourd'hui une force unificatrice pour l'avenir.

