L’armée américaine va mesurer le taux de testostérone de ses soldats
Le secrétaire américain à la Défense fait le lien entre taux de testostérone et performance..
L’armée américaine, dirigée par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, va mettre en place une mesure systématique du taux de testostérone chez ses soldats. Cette initiative concerne spécifiquement les militaires âgés de 30 ans et plus, lors de leur visite médicale annuelle. Les soldats plus jeunes peuvent également demander ce test s’ils le souhaitent. La testostérone est une hormone principalement produite par les hommes, jouant un rôle clé dans le maintien de la masse musculaire, de la force physique et de la vitalité. Son taux diminue naturellement avec l’âge, à partir de la trentaine, selon l’Association française d’urologie. Pete Hegseth justifie cette mesure par la volonté de préserver les capacités naturelles des soldats, d’optimiser leur performance et de garantir leur longévité, sans pour autant chercher à améliorer artificiellement leurs performances.
Pete Hegseth, connu pour ses positions virilistes et son discours axé sur la performance physique, présente cette mesure comme un moyen de s’assurer que les soldats disposent des bases biologiques nécessaires pour tenir au combat. Il utilise des termes comme warriors ou warfighters (traduit par combattants en français) pour désigner les militaires concernés, sans préciser si cette mesure s’appliquera également aux femmes. Ces dernières, dont la production de testostérone est bien moindre que celle des hommes, voient aussi leur taux hormonal diminuer avec l’âge. Le Pentagone n’a pas encore communiqué sur l’inclusion des femmes dans ce dispositif. Pete Hegseth insiste sur le fait que le choix d’un éventuel traitement hormonal reviendra entièrement aux soldats, sans obligation.
Cette initiative s’inscrit dans une série de mesures imposées par Pete Hegseth depuis son arrivée au poste de secrétaire à la Défense sous la présidence de Donald Trump. Ces mesures visent à renforcer les normes physiques au sein de l’armée, en s’appuyant sur des standards traditionnellement masculins. En septembre 2023, lors d’un discours à la base militaire de Quantico près de Washington, il avait critiqué les soldats en surpoids et les hauts gradés jugés trop corpulents, qualifiant cette situation de gros croisés dans les couloirs du Pentagone. Pete Hegseth adopte un discours belliqueux et viriliste, s’en prenant également aux Européens, qu’il invite à éviter de faire la morale. Cette politique reflète une vision où la performance physique est centrale pour la préparation au combat.
Plusieurs questions restent en suspens concernant cette mesure. D’abord, le Pentagone n’a pas précisé si les femmes militaires seraient incluses dans ce dépistage, bien que leur taux de testostérone diminue aussi avec l’âge. Ensuite, le choix du traitement hormonal, s’il est recommandé, reste facultatif pour les soldats. Enfin, cette initiative s’ajoute à un contexte où les normes physiques deviennent de plus en plus strictes au sein de l’armée américaine, sous l’impulsion de Pete Hegseth. Aucune donnée chiffrée n’a été communiquée sur le nombre de soldats concernés ou sur les éventuels coûts associés à cette mesure. Le Pentagone n’a pas non plus détaillé les critères précis pour recommander un traitement hormonal.

