Trump approuve un accord nucléaire avec l’Arabie saoudite
Cet accord, d'abord rapporté par le Wall Street Journal, devrait être soumis à l'examen du Congrès américain..
Le président des États-Unis, Donald Trump, a approuvé un accord avec l'Arabie saoudite autorisant le royaume à développer des capacités d'enrichissement d'uranium pour son programme nucléaire civil. Cet accord, qui devrait être rendu public mercredi et s'étendre sur 30 ans, implique des entreprises américaines dans le développement du programme nucléaire saoudien. Il prévoit notamment la construction d'une installation d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, après une étude conjointe américano-saoudienne. L'enrichissement d'uranium consiste à augmenter la concentration d'un isotope fissile (l'uranium-235) dans l'uranium naturel, afin de l'utiliser comme combustible dans les réacteurs nucléaires civils. Cet accord doit encore être soumis au Congrès américain pour examen, ce qui pourrait entraîner des résistances de la part des législateurs.
Les experts en non-prolifération craignent que cet accord n'ouvre la voie à une militarisation du programme nucléaire saoudien. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a en effet laissé entendre que l'Arabie saoudite pourrait se doter de l'arme nucléaire si l'Iran, son rival régional, venait à en posséder une. L'enrichissement d'uranium ne mène pas automatiquement à la fabrication d'une bombe atomique, car d'autres étapes techniques complexes sont nécessaires, comme la maîtrise des explosifs puissants synchronisés. Cependant, cette capacité d'enrichissement représente une étape clé vers une éventuelle militarisation, ce qui inquiète l'Occident, notamment en raison du précédent iranien. La prolifération nucléaire désigne la diffusion d'armes ou de technologies nucléaires à des acteurs non autorisés, ce qui peut déstabiliser la sécurité internationale.
L'Arabie saoudite et le Pakistan, seul pays musulman à posséder l'arme nucléaire, ont signé un pacte de défense mutuelle après qu'Israël eut lancé une attaque contre le Qatar visant des responsables du Hamas. Le ministre pakistanais de la Défense a alors déclaré que le programme nucléaire pakistanais serait mis à la disposition de l'Arabie saoudite en cas de besoin, ce qui a été interprété comme un avertissement envers Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient. Cette alliance soulève des questions sur la stabilité régionale et les risques de course aux armements nucléaires. Israël, qui n'a jamais officiellement reconnu posséder l'arme nucléaire, est souvent cité comme une puissance nucléaire non déclarée dans la région.
Les Émirats arabes unis, voisins de l'Arabie saoudite, ont signé un accord de coopération nucléaire avec les États-Unis en 2009, connu sous le nom d'accord 123. Cet accord leur a permis de construire leur centrale nucléaire de Barakah avec l'aide de la Corée du Sud, sans pour autant développer de capacités d'enrichissement d'uranium. Les experts en non-prolifération considèrent cette approche comme la référence absolue pour les pays souhaitant se doter de l'énergie nucléaire de manière responsable, car elle limite les risques de détournement vers des usages militaires. L'Arabie saoudite, en revanche, cherche explicitement à maîtriser l'enrichissement, ce qui suscite des inquiétudes supplémentaires.
Ni la Maison-Blanche ni les responsables saoudiens n'ont officiellement réagi à l'annonce de cet accord, qui a été rapportée en premier par le *Wall Street Journal*. Cet accord s'inscrit dans une longue histoire de tentatives américaines pour conclure un pacte nucléaire avec l'Arabie saoudite, aussi bien sous la présidence de Donald Trump que sous celle de son prédécesseur, Joe Biden. Le secrétaire à l'Énergie américain, Chris Wright, s'est rendu en Arabie saoudite en 2023 pour discuter du développement du secteur nucléaire civil du royaume, peu avant une visite de Donald Trump dans le pays. Ces négociations reflètent les ambitions de l'Arabie saoudite de diversifier ses sources d'énergie et de renforcer son indépendance technologique.

