Le rapprochement entre Trump et Erdogan inquiète en Israël
Les bonnes relations entre le président américain et son homologue turc troublent de plus en plus la presse conservatrice israélienne, qui voit Ankara devenir l’une des principales menaces dans la guerre d’influence au Moyen-Orient..
En été 2027, un événement militaire pourrait bouleverser l’équilibre stratégique au Moyen-Orient : l’arrivée des premiers avions de combat F-35 sur la base aérienne turque d’Eskisehir. Ces appareils, considérés comme les avions de chasse les plus avancés au monde, sont actuellement exclusifs à Israël dans la région. Leur livraison à la Turquie, évoquée par le président américain Donald Trump lors d’un sommet de l’OTAN en juillet 2026, inquiète profondément les autorités israéliennes. Le chercheur Nissim Katz, cité par le quotidien Maariv, souligne que cette perspective était jusqu’alors impensable. Les F-35, produits par le consortium Joint Strike Fighter (un programme militaire international mené par les États-Unis), symbolisent une supériorité technologique et une exclusivité stratégique pour Israël. Leur transfert à la Turquie remettrait en cause cet avantage militaire, d’autant plus que ces avions sont conçus pour des missions de furtivité et de supériorité aérienne.
La Turquie a été exclue en 2019 du programme Joint Strike Fighter, dont elle était partenaire depuis 2002, en raison de son acquisition d’un système russe de défense antimissile S-400. Ce choix avait provoqué une rupture avec les États-Unis, qui considéraient ce système comme incompatible avec les normes de l’OTAN. En 2026, sous le second mandat de Donald Trump, Washington et Ankara ont engagé un rapprochement, relançant ainsi le débat sur la livraison des F-35 à la Turquie. Trump a promis à son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, d’ « examiner » cette possibilité, marquant un revirement par rapport aux années précédentes. Cette évolution s’inscrit dans une logique où Trump privilégie les alliances transactionnelles plutôt que les partenariats fondés sur des valeurs communes ou un engagement historique, comme le souligne un chroniqueur du journal conservateur cité dans l’article.
Les responsables israéliens perçoivent le possible transfert des F-35 à la Turquie comme une menace majeure pour leur sécurité. Jusqu’à présent, Israël était le seul pays du Moyen-Orient à disposer de ces avions, renforçant son avantage militaire face à ses voisins. La Turquie, membre de l’OTAN, pourrait ainsi devenir un acteur encore plus influent dans la région, avec des capacités aériennes accrues. Le chroniqueur cité dans l’article explique que la Turquie a mieux compris la logique de Trump, qui évalue les relations internationales en fonction d’offres spéciales ou de gains immédiats, plutôt qu’en fonction de principes géopolitiques traditionnels. Cette approche suscite des interrogations sur la fiabilité des alliances américaines à long terme, surtout pour un pays comme Israël qui dépend fortement du soutien de Washington.
Le rapprochement entre Trump et Erdogan s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu au Moyen-Orient. En 2026, les tensions autour du détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique pour le transport du pétrole, ont conduit Trump à annoncer le rétablissement d’un blocus des ports iraniens et l’instauration d’une taxe maritime. Ces mesures visent à renforcer la pression sur l’Iran, un rival régional d’Israël et de la Turquie. Dans ce cadre, la livraison potentielle de F-35 à la Turquie pourrait s’inscrire dans une stratégie américaine plus large de rééquilibrage des alliances au Moyen-Orient, où les intérêts de Washington évoluent en fonction des opportunités et des menaces perçues.

