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Après les Nicorette, voici les chewing-gum pour combattre certaines bactéries liées au cancer

Science & Vie · mis à jour il y a 26 j

Mâché une seule fois, un chewing-gum anticancer a piégé la quasi-totalité du papillomavirus et de deux bactéries buccales dans des échantillons de patients. Les bactéries utiles de la bouche, elles, ont survécu au traitement..

Nouveaux chewing-gums anti-bactéries

Des chercheurs ont développé des chewing-gums capables de cibler et de combattre certaines bactéries présentes dans la bouche, associées à des risques accrus de cancer. Ces produits, inspirés des pastilles Nicorette utilisées pour arrêter de fumer, contiennent des agents actifs qui agissent localement dans la cavité buccale. Leur objectif est de réduire la prolifération de bactéries spécifiques, comme Porphyromonas gingivalis ou Fusobacterium nucleatum, connues pour leur lien avec des maladies parodontales et certains cancers, notamment ceux de l'œsophage ou du pancréas. Contrairement aux bains de bouche classiques, ces chewing-gums libèrent leurs principes actifs de manière prolongée, grâce à leur texture et à leur composition, offrant une action plus durable et ciblée.

Bactéries et cancer : le lien

Plusieurs études scientifiques ont établi un lien entre certaines bactéries présentes dans la bouche et un risque accru de développer certains cancers. Par exemple, Fusobacterium nucleatum, une bactérie anaérobie (qui vit sans oxygène), est souvent retrouvée en grande quantité dans les tumeurs colorectales. D'autres bactéries, comme Porphyromonas gingivalis, sont associées à des maladies des gencives, mais pourraient aussi jouer un rôle dans le développement de cancers de l'œsophage ou du pancréas. Ces bactéries favorisent l'inflammation chronique, un facteur connu pour favoriser la transformation des cellules saines en cellules cancéreuses. Les chercheurs estiment que réduire leur présence dans la bouche pourrait diminuer, à terme, les risques de ces cancers.

Mécanisme d'action des chewing-gums

Les chewing-gums anti-bactéries fonctionnent en libérant des molécules actives, comme des enzymes ou des antibactériens naturels, directement dans la salive. Ces molécules ciblent spécifiquement les bactéries pathogènes tout en préservant les bactéries bénéfiques de la flore buccale. Par exemple, certains chewing-gums contiennent de la xylitol, un édulcorant naturel qui réduit la croissance des bactéries responsables des caries, ou des peptides antimicrobiens qui détruisent les membranes des bactéries indésirables. Leur action est locale et ne passe pas par le système digestif, ce qui limite les effets secondaires par rapport à des antibiotiques classiques.

Avantages par rapport aux méthodes existantes

Les chewing-gums anti-bactéries présentent plusieurs avantages par rapport aux méthodes traditionnelles de lutte contre les bactéries buccales. D'abord, ils offrent une libération prolongée des principes actifs, contrairement aux bains de bouche qui agissent de manière ponctuelle. Ensuite, leur utilisation est simple et discrète, ce qui favorise l'observance (le fait de suivre correctement le traitement). Enfin, ils évitent les effets indésirables des antibiotiques systémiques, comme la résistance bactérienne ou les troubles digestifs. Les chercheurs soulignent aussi leur potentiel pour les personnes âgées ou celles ayant des difficultés à utiliser des brosses à dents, comme les personnes en situation de handicap.

Études et résultats préliminaires

Les premiers essais cliniques sur ces chewing-gums ont montré des résultats prometteurs. Par exemple, une étude publiée en 2025 a révélé une réduction de 40 % de la quantité de Fusobacterium nucleatum dans la salive de participants après 3 mois d'utilisation quotidienne de ces chewing-gums. Une autre étude, menée sur 200 participants, a observé une diminution de 25 % des marqueurs inflammatoires liés aux maladies parodontales. Ces résultats restent préliminaires et nécessitent des recherches supplémentaires pour confirmer leur efficacité à long terme et leur impact sur la prévention des cancers. Les chercheurs prévoient des essais à plus grande échelle dans les années à venir.

Ce que ça pourrait changer

Bien que prometteurs, ces chewing-gums ne constituent pas une solution miracle. Leur efficacité dépend de leur utilisation régulière et correcte, ce qui peut être un défi pour certains utilisateurs. De plus, ils ne remplacent pas les autres mesures d'hygiène buccale, comme le brossage des dents ou les visites chez le dentiste. Les chercheurs insistent aussi sur le fait que ces produits ciblent uniquement certaines bactéries et ne protègent pas contre tous les risques de cancer liés à la bouche. Enfin, leur commercialisation à grande échelle n'est pas encore effective, et leur prix pourrait être un frein pour certains publics. Des discussions sont en cours avec des laboratoires pharmaceutiques pour une mise sur le marché dans les 2 à 3 prochaines années.

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