Addiction aux plateformes de Meta : ce qu’il faut savoir du procès
Le plus grand procès intenté à Meta a débuté le 12 août en Californie. Les débats s’ouvrent ce 18 août.
Le procès contre Meta, lancé en août 2026, trouve son origine dans la publication des «Facebook Files» en 2021 par Frances Haugen, une ancienne employée de l’entreprise. Ces documents internes ont révélé que Meta (anciennement Facebook) était au courant des effets négatifs de ses plateformes, notamment Facebook et Instagram, sur la santé mentale des utilisateurs, en particulier des jeunes. En 2023, 41 États américains ont porté plainte contre Meta, accusant l’entreprise d’avoir conçu des outils addictifs et toxiques. Parmi eux, 33 États ont déposé une plainte groupée, tandis que 8 autres ont agi séparément. Ces actions judiciaires s’appuient sur des recherches internes de Meta, qui ont montré un lien entre l’utilisation de ces plateformes et des problèmes de santé mentale, ainsi que sur des témoignages d’anciens employés comme Sarah Wynn-Wyler, autrice du livre Careless People.
Les États américains de Californie, du Colorado, du Kentucky et du New Jersey sont les principaux plaignants dans ce procès, qui a débuté le 12 août 2026. La juge Yvonne Gonzales Rogers examinera également les plaintes de 29 autres États. Ces derniers critiquent principalement la collecte de données personnelles des mineurs par Meta, réalisée sans le consentement explicite de leurs parents ou responsables légaux. Les États reprochent à Meta d’avoir exploité les données des jeunes utilisateurs, ce qui pourrait constituer une violation des lois sur la protection des consommateurs et des données personnelles aux États-Unis.
La juge Yvonne Gonzales Rogers, âgée de 61 ans, préside ce procès. Elle est une figure expérimentée des litiges impliquant les géants du numérique, ayant déjà traité des affaires comme le conflit entre Apple et Epic Games concernant les commissions de l’App Store. En 2026, elle a également présidé le procès opposant Elon Musk à Sam Altman sur le statut d’OpenAI, où Musk a été débouté. Dans le procès contre Meta, elle sera assistée par un jury consultatif de huit personnes, mais c’est elle qui rendra la décision finale. Son expérience dans les affaires technologiques complexes en fait une figure centrale pour évaluer les arguments des deux parties.
Meta risque une amende colossale pouvant atteindre 1 400 milliards de dollars (1 210 milliards d’euros) si elle est déclarée coupable. Ce montant, calculé par Meta elle-même, représente presque sa capitalisation boursière actuelle, estimée à 1 580 milliards de dollars. L’entreprise qualifie cette sanction de *«sans précédent dans l’histoire de la protection des consommateurs»*. Les États plaignants, quant à eux, estiment que le montant réel des dommages et intérêts pourrait se situer autour de 200 milliards de dollars (173 milliards d’euros). Ce calcul repose sur une estimation du nombre de jeunes utilisateurs affectés négativement par les plateformes de Meta, multiplié par les amendes prévues par les lois de chaque État.

