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Culture

L'Instant poésie de Séphora Pondi : “Nom”, de Constance Debré

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 11 j

Courage, nihilisme, puissance… Autant de mots que Séphora Pondi emploie pour qualifier l’écriture de Constance Debré dans son roman "Nom" paru en 2022, qui la fascine et la questionne..

Constance Debré et son œuvre

Constance Debré est une écrivaine française, ancienne avocate, connue pour son style littéraire radical et sa démarche de rupture avec les normes sociales et familiales. Son roman Nom, publié en 2022 aux éditions Flammarion, incarne cette volonté de démanteler les héritages imposés, qu’ils soient familiaux, sociaux ou culturels. Dans ce texte, elle explore des thèmes comme la destruction des symboles d’appartenance (nom, famille, mariage) et l’idée d’une « grande entreprise de perte », c’est-à-dire un processus de libération par l’effacement de ce qui nous définit traditionnellement. Le roman est présenté comme une réflexion sur l’identité, où l’autrice rejette toute assignation à résidence, qu’elle soit sociale, genrée ou historique. Le texte cité dans l’article illustre cette démarche : l’autrice y décrit avec une froideur calculée le rejet des photos de famille, des rituels (comme le baptême) et des rôles sociaux, au profit d’une existence radicalement affranchie.

Séphora Pondi et son analyse

Séphora Pondi est une comédienne, écrivaine et pensionnaire de la Comédie-Française. Dans cet épisode de L’Instant poésie sur France Culture, elle commente l’œuvre de Constance Debré en mettant en lumière plusieurs aspects : le courage de l’écriture de Debré, son nihilisme assumé (c’est-à-dire une vision où les valeurs traditionnelles n’ont plus de sens) et la puissance de sa démarche. Pondi souligne que Debré incarne une forme d’altérité par rapport à son propre parcours, marqué par une minorité (elle évoque implicitement son origine, bien que non précisée dans l’article) où l’héritage et la mémoire pèsent lourdement. Pour Debré, rompre avec ces attaches devient une nécessité, presque une urgence, comme en témoigne son écriture directe et sans concession. Pondi souligne aussi l’insolence de cette démarche, qui fascine par son audace à défier les attentes sociales.

Extrait marquant du roman

L’article cite un extrait du roman Nom où Constance Debré décrit avec une précision clinique le rejet de son héritage familial. Elle évoque une photo de baptême, symbole d’une vie officielle et socialement validée, avec des détails comme une robe en dentelle blanche, un château au Pays basque, ou la présence d’un grand-père ministre. L’autrice y décrit le choix de se débarrasser de ces symboles, non par hasard, mais comme une décision mûrie : « Je me suis débarrassée de presque tout. De la famille, du mariage, du travail, des appartements, des choses, des êtres. » Ce passage illustre sa volonté de « rompre », de « participer à la grande entreprise de perte » et de refuser toute forme de réparation ou de nostalgie. Le ton est froid, presque mécanique, ce qui renforce l’idée d’une libération par l’effacement.

Ce que ça pourrait changer

L’article situe *Nom* dans le paysage littéraire contemporain, où Constance Debré est reconnue pour son approche radicale de l’écriture. Le roman, publié en 2022, a marqué les esprits par son style et ses thèmes, au point d’être sélectionné pour *L’Instant poésie*, une série de podcasts de France Culture animée par Séphora Pondi. Depuis septembre 2025, cette collection a été adaptée en livre aux éditions Seghers, sous le titre *L’Instant poésie*, avec 300 pages incluant les commentaires des animateurs, les poèmes sélectionnés et les illustrations associées. Le podcast est conçu pour une écoute immersive, avec une prise de son adaptée aux casques, et est accompagné de créations graphiques de l’autrice de bande dessinée Annick Kamgang, diffusées sur les réseaux sociaux de France Culture.

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