Israël : Benjamin Netanyahou dans la tourmente des révélations sur le 7 octobre
Le mardi 8 septembre, le quotidien israélien Haaretz révèle que Benjamin Netanyahou aurait été averti, dix jours avant le 7 octobre, d'une opération majeure préparée par le Hamas et qu'il n'en a jamais informé les services de sécurité. Une information démentie par le Premier ministre israélien..
Le quotidien israélien Haaretz a publié une enquête le 8 septembre 2026, basée sur un ouvrage à paraître de deux journalistes, affirmant que Benjamin Netanyahou, Premier ministre israélien, aurait été averti dix jours avant les attaques du 7 octobre 2024 du Hamas. Selon cette révélation, Netanyahou aurait eu connaissance d’une opération majeure préparée par le groupe armé palestinien, mais n’en aurait jamais informé les chefs des services de sécurité israéliens. Cette information a été immédiatement démentie par le Premier ministre, qui n’a pas détaillé les raisons de ce silence présumé. Le Hamas est un mouvement islamiste palestinien considéré comme une organisation terroriste par plusieurs pays, dont Israël, les États-Unis et l’Union européenne. Ses attaques du 7 octobre 2024 ont marqué un tournant dans le conflit israélo-palestinien, entraînant une riposte militaire israélienne d’une intensité sans précédent.
Les révélations surviennent à quelques semaines des élections législatives israéliennes, prévues en octobre 2026. Ce scrutin est crucial pour Netanyahou, dont le parti, le Likoud, est en difficulté face à une opposition grandissante. Les accusations de négligence ou de dissimulation pourraient fragiliser sa position, d’autant que les familles des victimes des attaques du 7 octobre réclament des comptes. Le Likoud est le principal parti de droite en Israël, dirigé par Netanyahou depuis plusieurs décennies. Les élections législatives israéliennes déterminent la composition de la Knesset, le Parlement israélien, qui élit ensuite le Premier ministre. En 2026, le pays traverse une période de tensions politiques internes, avec des manifestations régulières contre le gouvernement et des divisions profondes au sein de la société israélienne.
Benjamin Netanyahou a catégoriquement rejeté les accusations portées par Haaretz, sans pour autant fournir d’explications détaillées sur les raisons de son silence présumé. Cette absence de transparence alimente les critiques de l’opposition et des familles des victimes, qui exigent des clarifications. Amélie Férey, politiste spécialiste de la défense à l’IFRI (Institut français des relations internationales), souligne que cette affaire pourrait avoir des répercussions majeures sur la crédibilité de Netanyahou. L’IFRI est un think tank français indépendant qui analyse les questions géopolitiques et stratégiques. Les familles des victimes des attaques du 7 octobre, qui ont fait plus de 1 200 morts en Israël selon les autorités israéliennes, réclament une enquête indépendante pour comprendre les défaillances ayant conduit à cette tragédie.
L’affaire met en lumière les dysfonctionnements potentiels des services de renseignement israéliens, comme le Mossad ou le Shin Bet, chargés de la sécurité intérieure. Le Mossad est le service de renseignement extérieur israélien, tandis que le Shin Bet (ou Shabak) est responsable de la sécurité intérieure et de la lutte antiterroriste. Selon Haaretz, Netanyahou aurait reçu des informations précises sur une opération du Hamas dix jours avant les attaques, mais n’aurait pas alerté les responsables militaires et sécuritaires. Cette révélation soulève des questions sur la coordination entre les différents services et sur le rôle du Premier ministre dans la gestion des crises sécuritaires. En Israël, le Premier ministre est à la fois chef du gouvernement et responsable de la sécurité nationale, ce qui lui confère un pouvoir décisionnel central en matière de défense.
Les révélations de *Haaretz* ont provoqué une onde de choc en Israël, où l’opinion publique est déjà polarisée par le conflit avec le *Hamas* et les divisions politiques internes. Les familles des victimes des attaques du 7 octobre, ainsi que des associations de défense des droits humains, ont dénoncé un manque de transparence de la part du gouvernement. Amélie Férey explique que cette affaire pourrait renforcer le sentiment d’injustice et de méfiance envers les institutions, déjà érodé par des années de gestion controversée du conflit israélo-palestinien. En Israël, la société civile est profondément divisée entre partisans d’une solution négociée avec les Palestiniens et ceux qui prônent une ligne dure, voire une annexion des territoires occupés.

