TGV Alto : des citoyens de Mirabel en quête de réponses… et de solidarité
Deux cents personnes se sont réunies à Mirabel pour entendre des experts qui ont analysé le projet de TGV Alto..
Le projet TGV Alto est un train à grande vitesse (TGV) proposé par la société d'État fédérale Alto, qui vise à relier Toronto, Ottawa et Québec. Ce projet suscite une forte opposition chez les citoyens de Mirabel, une municipalité des Laurentides, en raison de ses impacts potentiels sur les paysages, les terres agricoles et les résidences locales. Environ 1 700 propriétés pourraient être expropriées, dont au moins 500 terres agricoles, ce qui inquiète particulièrement les agriculteurs. La mobilisation des habitants s'est intensifiée après une rencontre publique organisée par le chef de l'opposition à l'hôtel de ville de Mirabel, Robert Charron, où deux experts indépendants ont présenté leurs analyses critiques du projet.
Les experts invités, Jacques Roy, professeur émérite en gestion des transports à HEC Montréal, et Jean Mercier, professeur associé en politiques publiques et transport collectif à l'Université Laval, remettent en question la viabilité économique du projet. Selon leurs analyses, le TGV Alto coûterait entre 60 et 90 milliards de dollars, alors que ses bénéfices estimés s'élèveraient à 49 milliards de dollars. Les chercheurs soulignent que ces estimations de coûts sont probablement sous-évaluées et que les prévisions d'achalandage (nombre de passagers) sont trop optimistes. Ils proposent plutôt un train à grande fréquence (TGF), moins coûteux et moins perturbateur, comme alternative. L'Union des producteurs agricoles (UPA) appuie cette position et demande que des expertises approfondies soient réalisées pour justifier le choix du TGV.
Les habitants de Mirabel et des municipalités voisines, comme Pointe-Fortune, expriment leur inquiétude face au projet. Pointe-Fortune, une petite municipalité de 648 habitants et 9 km², craint l'ampleur des conséquences économiques et environnementales. Manon Girard, une résidente de Mirabel, illustre cette préoccupation en évoquant son angoisse à l'idée d'un « mur » (le corridor du TGV) près de sa résidence. La mobilisation citoyenne s'est renforcée, avec environ 200 personnes présentes lors de la conférence organisée par Robert Charron. Les participants recherchent à la fois des réponses sur les impacts du projet et un soutien collectif pour s'y opposer.
Le tracé final du TGV Alto n'a pas encore été officiellement annoncé, mais la société Alto promet des consultations publiques. Certains craignent que des arrêts soient ajoutés à Mirabel ou Hawkesbury pour faciliter l'acceptation du projet. Alto affirme avoir mené une étude comparative montrant que le TGV offrait un meilleur retour sur investissement qu'un train à grande fréquence. Cependant, les experts indépendants et l'UPA contestent cette conclusion et demandent à voir les données détaillées justifiant ce choix. Le débat reste ouvert sur la meilleure option pour relier les grandes villes du Québec et de l'Ontario.
Le projet de TGV Alto prévoit l'expropriation de 1 700 propriétés, dont au moins 500 terres agricoles. Les agriculteurs s'inquiètent des compensations proposées par Alto pour accéder à leurs terres, un processus qui pourrait débuter prochainement. Ces expropriations rappellent celles subies il y a 50 ans par les résidents de Mirabel lors de la construction de l'aéroport Montréal-Trudeau. Les experts et les citoyens soulignent que ces perturbations pourraient avoir des conséquences durables sur l'agriculture locale et le mode de vie des habitants, d'où leur mobilisation contre le projet.

