TGV Alto : des citoyens de Mirabel en quête de réponses… et de solidarité
Le projet de TGV Alto, qui menace d’exproprier jusqu’à 1 700 propriétés dans les Laurentides — dont 500 terres agricoles à Mirabel — cristallise les craintes des citoyens et des agriculteurs. Face à un tracé encore flou et à des estimations de coûts jugées irréalistes, une mobilisation citoyenne s’organise pour exiger transparence et alternatives, révélant les tensions entre développement infrastructurel et préservation des territoires.
Pourquoi les experts indépendants remettent-ils en cause la viabilité économique du TGV Alto ?
Les experts Jacques Roy et Jean Mercier estiment que le projet, estimé entre 60 et 90 milliards de dollars, affiche un déséquilibre flagrant entre coûts et bénéfices. Selon eux, les prévisions de rentabilité (49 milliards de dollars) sont surévaluées, tandis que les coûts réels seraient largement sous-estimés. Ils proposent plutôt un train à grande fréquence (TGF) sur des infrastructures existantes, moins coûteux et moins perturbateur pour les territoires traversés.
Quels acteurs locaux s’opposent au projet et pourquoi ?
Les opposants incluent des citoyens comme Manon Girard, expropriée lors de la construction de l’aéroport de Mirabel il y a 50 ans, ainsi que des maires comme Sandra Lavoratore (Pointe-Fortune), dont la municipalité, malgré sa petite taille, craint l’impact disproportionné d’un projet d’une telle envergure. L’Union des producteurs agricoles (UPA) s’inquiète aussi des expropriations massives de terres agricoles, avec 500 parcelles menacées à Mirabel, et demande une analyse sérieuse des alternatives comme le TGF.
Quelles zones d’ombre persistent autour du projet TGV Alto ?
Plusieurs incertitudes subsistent, à commencer par le tracé final du TGV, toujours en consultation. Les opposants soulignent aussi l’absence de transparence des études ayant convaincu le gouvernement de privilégier le TGV plutôt qu’un TGF, malgré les conclusions d’une étude comparative récente favorable au TGV. Enfin, la société Alto n’a pas encore précisé les modalités des compensations pour les expropriations, alimentant les craintes des agriculteurs.
Ce que ça pourrait changer
Ce conflit révèle une fracture entre les impératifs de modernisation des infrastructures et la préservation des territoires ruraux et agricoles. Si le projet devait avancer sans ajustements, il pourrait exacerber les tensions sociales et économiques locales, tandis qu’un report ou une révision vers un TGF pourrait redéfinir les priorités en matière de transport collectif au Québec et en Ontario.

