95,3 % des locaux sont raccordables à la fibre, mais la ligne d’arrivée recule toujours
Selon l’Arcep, la France compte environ 45,2 millions de locaux, dont 95 % raccordables à la fibre. Sur ceux qui peuvent accéder au FTTH, 65 % ont effectivement sauté le pas.
En septembre 2026, selon l’Arcep (l’autorité française de régulation des communications électroniques), 95,3 % des 45,2 millions de locaux en France sont désormais raccordables à la fibre optique. Cela signifie que 43,1 millions de bâtiments (maisons, immeubles, entreprises) peuvent théoriquement accéder à ce très haut débit. La fibre optique, ou FTTH (Fiber To The Home), est une technologie qui permet des connexions internet ultra-rapides en transmettant des données par la lumière, contrairement à l’ADSL qui utilise les fils de cuivre. Malgré ce taux de couverture élevé, 2,1 millions de locaux restent encore à équiper. Parmi eux, plus d’un tiers sont bloqués par des refus de syndicats de copropriété ou par des constructions en cours, ce qui ralentit le déploiement.
La France avance à deux vitesses dans son déploiement de la fibre. D’un côté, le nombre de locaux raccordables augmente régulièrement, avec 275 000 nouveaux bâtiments équipés en trois mois. De l’autre, le nombre total de locaux en France croît aussi, notamment dans les zones moins denses (campagnes, petites villes). Cela crée une course où la fibre doit sans cesse rattraper l’augmentation du parc immobilier. Par exemple, si 65 % des locaux raccordables ont effectivement souscrit à un abonnement fibre, ce chiffre progresse lentement. Les opérateurs comme Orange, SFR ou Free doivent donc accélérer les travaux tout en convaincant les habitants de sauter le pas, malgré des coûts parfois élevés ou des réticences techniques.
Plusieurs obstacles ralentissent le déploiement de la fibre. Le premier est humain : certains syndicats de copropriété refusent les travaux, par méconnaissance, par peur des nuisances ou par manque de moyens. D’autres locaux, en construction ou en rénovation, ne sont pas encore éligibles car les infrastructures n’ont pas été prévues. Enfin, dans les zones rurales ou peu denses, les coûts de déploiement sont moins rentables pour les opérateurs, ce qui peut retarder les projets. L’État et les collectivités locales tentent de compenser ces déséquilibres, mais les délais restent longs. Ces retards expliquent pourquoi, malgré des progrès constants, la ligne d’arrivée (le moment où 100 % des locaux seront raccordables) semble toujours s’éloigner.
Avoir une fibre raccordable ne suffit pas : il faut que les habitants ou les entreprises choisissent de l’utiliser. En septembre 2026, 65 % des locaux éligibles ont souscrit à un abonnement fibre, un taux en hausse mais encore insuffisant pour atteindre l’objectif de couverture universelle. Les raisons de cette lente adoption sont multiples : coût des abonnements, manque d’information sur les avantages de la fibre, ou préférence pour des technologies alternatives comme le 5G fixe. Les opérateurs misent sur des campagnes de sensibilisation et des offres promotionnelles pour convertir davantage de locaux. Cependant, dans les zones où la fibre est récente, les utilisateurs hésitent parfois à changer de fournisseur, par habitude ou par méfiance.
L’Arcep (*Autorité de régulation des communications électroniques et des postes*) joue un rôle central dans ce déploiement. Elle publie régulièrement des observatoires pour suivre l’avancement des travaux et identifier les blocages. Son dernier rapport, publié en juin 2026, révèle que malgré des progrès, 2,1 millions de locaux restent hors de portée de la fibre. L’autorité souligne aussi que les opérateurs doivent accélérer les déploiements dans les zones peu denses, où les retards sont les plus marqués. Sans son intervention, certains projets pourraient être abandonnés ou retardés indéfiniment. L’Arcep peut aussi sanctionner les opérateurs qui ne respectent pas leurs engagements, bien que ces mesures restent rares.

