Les Émirats arabes unis veulent un nouveau port pour contourner le détroit d’Ormuz
Les Émirats arabes unis procèdent à une brusque accélération de leurs projets de contournement du détroit d’Ormuz. Dernier en date, la création d’un nouveau port sur la côte est, qui donne directement sur la haute mer.
Les Émirats arabes unis (EAU) prévoient de construire un nouveau port dans l’émirat de Fujaïrah, situé sur la côte est du pays, en bordure du golfe d’Oman. Ce port permettrait d’éviter le détroit d’Ormuz, un passage maritime stratégique reliant le golfe Arabo-Persique à l’océan Indien. Actuellement, la plupart des exportations émiraties, notamment de pétrole, transitent par ce détroit, ce qui expose le pays à des risques géopolitiques. Le projet vise à réduire cette dépendance en offrant une alternative directe vers la haute mer. Fujaïrah est déjà le point de départ d’un oléoduc existant depuis 2012, l’oléoduc Habshan-Fujaïrah, qui transporte le pétrole des champs d’Abou Dhabi vers la mer, contournant ainsi partiellement le détroit d’Ormuz.
Les Émirats arabes unis dépendent fortement du détroit d’Ormuz pour leurs exportations de pétrole et leurs activités portuaires, notamment celles du port de Djebel Ali, l’un des plus grands ports de transbordement au monde. Ce détroit est un point de passage obligatoire pour les navires quittant ou entrant dans le golfe Arabo-Persique, car il est le seul accès maritime pour plusieurs pays producteurs de pétrole, dont les Émirats. La guerre contre l’Iran a révélé l’urgence de réduire cette dépendance, les tensions régionales rendant le détroit potentiellement instable. En mai 2024, les Émirats ont annoncé l’accélération de la construction d’un second oléoduc pour doubler leurs capacités d’exportation de brut via Fujaïrah, renforçant ainsi leur stratégie de contournement.
Pour réduire leur vulnérabilité, les Émirats arabes unis ont mis en place une stratégie en deux temps. D’abord, ils ont construit en 2012 l’oléoduc Habshan-Fujaïrah, long de 400 kilomètres, qui permet d’acheminer le pétrole des champs d’Abou Dhabi directement vers le golfe d’Oman, sans passer par le détroit d’Ormuz. Ensuite, ils prévoient de doubler les capacités de cet oléoduc en construisant un second pipeline, afin d’augmenter significativement le volume de pétrole exporté hors du golfe Arabo-Persique. Cette approche vise à sécuriser les exportations émiraties et à limiter les risques liés aux tensions géopolitiques dans la région, notamment avec l’Iran, qui contrôle l’autre rive du détroit d’Ormuz.
Le détroit d’Ormuz est un point de tension majeur dans la région, car il est contrôlé par l’Iran, qui peut menacer de bloquer le passage en cas de conflit. Les Émirats arabes unis, bien que proches des États-Unis, cherchent à minimiser leur exposition à ce risque. Leur projet de port à Fujaïrah et l’extension des oléoducs s’inscrivent dans une volonté de diversification des routes d’exportation. Abdulkhaleq Abdulla, professeur de sciences politiques proche du président émirati Mohammed ben Zayed (*MBZ*), a salué cette initiative comme un *changement sismique*, soulignant l’importance de tourner le dos à une dépendance jugée trop risquée.

