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Culture

Gregg Araki : « Je considère qu’‘I Want Your Sex’ est ma lettre d’amour sexpositive à la Gen Z. »

Trois Couleurs · mis à jour il y a 14 j

Une leçon de cinéma sur la sexualité par Gregg Araki en mode « top » pendant qu’on serait soumis à tous ses délires ? Bien sûr qu’on dit oui. Douze ans après son dernier film, le daddy du ciné queer (Nowhere, 1997 ; Kaboom, 2010) imagine la relation entre une artiste sulfureuse établie et son stagiaire issu de la Gen Z (Olivia Wilde et Cooper Hoffman, tous deux géniaux).

Nouveau film sur la sexualité

Gregg Araki, réalisateur connu pour ses films provocateurs comme la Teen Apocalypse Trilogy (années 1990), présente I Want Your Sex, un film sorti en juillet 2026 qui explore la sexualité sous un angle sexpositif. Ce projet, en développement depuis douze ans, a évolué après le mouvement MeToo (2017) pour aborder des thèmes contemporains comme la baisse des relations sexuelles chez 30 % de la Gen Z (génération née entre 1997 et 2012). Le film suit une relation entre une patronne, Erika, et un stagiaire, Eliott, inversant les rôles traditionnels pour éviter les clichés patriarcaux. Araki décrit cette œuvre comme une lettre d’amour à la Gen Z, visant à ouvrir le dialogue sur la sexualité sans moraliser.

Évolution du scénario

Le scénario initial de I Want Your Sex était une comédie inspirée de Fifty Shades of Grey, centrée sur une stagiaire et son patron. Après le mouvement MeToo, Gregg Araki a choisi d’inverser les genres : Erika, une femme puissante, et Eliott, un jeune homme vulnérable. Ce changement reflète une volonté de déconstruire les stéréotypes de genre et de pouvoir. Le personnage d’Erika, interprété comme une porte-parole du réalisateur, exprime des idées proches de celles d’Araki, notamment sur la liberté sexuelle et la créativité. Le film inclut des références à la culture queer, comme une scène inspirée des films de David Lynch (Mulholland Drive, Lost Highway), et une bande-son couvrant plusieurs décennies, de 1979 à 2026.

Représentation de la Gen Z

Le film aborde la baisse des relations sexuelles chez la Gen Z, un phénomène documenté par des études récentes. Gregg Araki s’interroge sur les causes de cette tendance, notamment l’impact des réseaux sociaux, où tout est filmé et où la peur de l’échec ou du ridicule est omniprésente. Le personnage d’Eliott incarne cette génération, marquée par la pandémie de Covid-19 et une société plus prudente. Araki souligne que le film n’est pas un sermon, mais une invitation à discuter de la sexualité comme une composante essentielle de la vie. Il évoque aussi le FOMO (Fear Of Missing Out), cette peur de passer à côté d’expériences, qui peut hanter les adultes plus âgés.

Dynamique de pouvoir et BDSM

Le film explore les rapports de pouvoir entre Erika et Eliott, notamment à travers une relation BDSM (pratique sexuelle basée sur la domination et la soumission, toujours consentie). Araki a choisi d’inverser les rôles traditionnels pour éviter de reproduire des clichés patriarcaux, comme une femme soumise. Il met en avant une femme dominante (top) et un homme soumis (bottom), une approche qu’il juge plus pertinente dans une société encore marquée par le patriarcat. Cooper Hoffman, fils de Philip Seymour Hoffman, incarne Eliott avec un charisme qui suscite l’empathie du public, malgré les trahisons du personnage.

Contexte culturel et sexpositivité

Gregg Araki critique le backlash (recul) actuel contre la sexualité, notamment aux États-Unis, où des mouvements comme MAGA (Make America Great Again) ou le nationalisme chrétien prônent un retour à des valeurs puritaines. Il oppose cette tendance à des œuvres comme Heated Rivalry (2025) ou Pillion (2025), qui célèbrent une sexualité libérée et sexpositive. Araki défend l’idée que le sexe, lorsqu’il est consenti et authentique, peut être un vecteur de connexion humaine, comme dans les films de Pedro Almodóvar (La Loi du désir, Matador). Il voit dans I Want Your Sex une réponse optimiste à un contexte politique et social répressif.

Comparaison avec Babygirl

Le titre I Want Your Sex fait référence à la chanson I Want Your Sex de George Michael (1987), un choix symbolique pour Araki, qui y voit une célébration de la joie queer. Le film est parfois comparé à Babygirl (2025) de Halina Reijn, où Nicole Kidman incarne une patronne en relation avec un stagiaire. Araki précise que son film a été tourné avant la sortie de Babygirl et qu’il s’en distingue par une vision sexpositive, contrairement à Babygirl, qu’il juge puritain et punitif envers le désir féminin. Pour Araki, le sexe ne doit pas être associé à la destruction, mais à l’épanouissement.

Ce que ça pourrait changer

Gregg Araki s’inspire de plusieurs cinéastes, dont David Lynch (*Mulholland Drive*), Billy Wilder (*Sunset Boulevard*) et Pedro Almodóvar, pour créer une atmosphère onirique et surréaliste dans *I Want Your Sex*. Le film inclut des clins d’œil à ses propres œuvres, comme des acteurs récurrents (Darcy Marta, Margaret Cho) ou des références à sa *Teen Apocalypse Trilogy*. Araki voit dans ce projet une évolution de sa carrière, passant de films plus sombres et dystopiques à une œuvre plus joyeuse et optimiste. Il espère que *I Want Your Sex* contribuera à une renaissance de la représentation de la sexualité à l’écran, comme en témoignent les films queer primés à Cannes en 2026.

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