Vu à la Mostra de Venise 2026 : « Look Back » de Hirokazu Kore-eda, la surprise du chef
Tandis que son film présenté en mai dernier à Cannes, « Sheep in the Box », n’est pas encore sorti dans les salles françaises (il le sera le 23 décembre), Hirokazu Kore-eda foulait le tapis rouge de Venise avec « Look Back », un film surprise qui met du baume au cœur et dont la sortie est datée pour le 17 mars 2027..
Le réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda a présenté en septembre 2026 à la Mostra de Venise un film intitulé Look Back, qui n’était pas attendu dans sa filmographie. Ce long-métrage marque une première pour Kore-eda, car il s’agit de son premier film adapté d’un manga, un style de bande dessinée japonaise très populaire. Le film sortira en salles françaises le 17 mars 2027, alors que son précédent projet, Sheep in the Box, présenté à Cannes en mai 2026, n’est toujours pas disponible dans les cinémas français. La Mostra de Venise, l’un des festivals de cinéma les plus prestigieux au monde, se déroule chaque année à Venise en Italie.
Kore-eda a découvert le manga Look Back par hasard, attiré par sa couverture, et a été profondément touché par son histoire. Publié en 2021, ce manga raconte l’amitié entre deux jeunes filles, Kyomoto et Fujino, passionnées par le dessin et rêvant de devenir autrices de mangas. Le récit explore leur relation à travers des dessins que Kyomoto envoie à Fujino, qui souffre de phobie scolaire, une peur intense et irrationnelle de se rendre à l’école. Le manga a déjà été adapté en anime en 2024, une version animée du manga. Kore-eda a choisi d’adapter cette histoire pour son premier film inspiré d’un manga, un genre qu’il n’avait jamais exploré auparavant.
Contrairement à ses précédents films, souvent complexes et riches en rebondissements, Look Back se distingue par sa simplicité. Kore-eda adopte un style minimaliste, centré sur l’essentiel : deux fillettes dessinant et échangeant leurs créations. Le réalisateur explique que son objectif n’est pas de raconter une histoire spectaculaire, mais de capturer l’émotion et l’imaginaire des personnages à travers leurs dessins. Ce choix reflète une confiance dans le spectateur, qui est invité à s’émouvoir des détails les plus simples. Kore-eda cite le studio Ghibli, notamment le film Mon voisin Totoro, comme une influence majeure pour cette approche, où l’absence d’antagoniste et la focalisation sur l’imaginaire des personnages créent une atmosphère unique.
Dans *Look Back*, Kore-eda met en avant le geste artisanal du dessin à la main, un acte qui prend une dimension presque politique dans un monde dominé par la technologie et les outils numériques. Le réalisateur s’attarde longuement sur les lignes tracées patiemment par les personnages, créant une atmosphère méditative et mélancolique. Ce choix souligne l’importance de l’artisanat dans les arts visuels, un thème qui résonne particulièrement aujourd’hui, où les méthodes traditionnelles sont souvent éclipsées par les innovations technologiques. Le film offre ainsi au spectateur un espace pour rêver et se perdre dans l’imaginaire des personnages, loin des distractions modernes.

