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Un « espace liminal » entre les humains et l’IA : la frontière sera-t-elle moins discernable qu’on voudrait le croire ?

The Conversation France · mis à jour il y a 23 h

Avec nos collègues artistes, nous explorons la manière dont l’augmentation corporelle et la réalité augmentée peuvent transporter créateurs et publics vers des « environnements liminaux », à la frontière entre humains et IA. M.

Frontière floue IA-humain

L'article introduit le concept d'espace liminal, un état intermédiaire où les frontières entre les humains et les machines deviennent de plus en plus difficiles à distinguer. Historiquement, les outils comme les marteaux ou les télescopes restaient externes à l'utilisateur, servant simplement d'extensions de ses capacités. Cependant, avec l'essor de l'intelligence artificielle (IA) moderne, cette séparation s'estompe. Les systèmes d'IA, notamment ceux grand public comme les assistants conversationnels, s'intègrent progressivement dans nos processus cognitifs. Par exemple, les algorithmes de recommandation des plateformes numériques anticipent nos préférences avant même que nous en ayons pleinement conscience. Cette interaction transforme nos décisions et nos souvenirs, qui sont désormais souvent liés à nos traces numériques. Ainsi, la frontière traditionnelle entre l'humain et la machine, autrefois nette, devient de plus en plus poreuse.

Mémoire et IA

L'IA contemporaine modifie profondément la manière dont nous stockons et utilisons nos souvenirs. Nos données numériques, comme les messages, les photos ou les historiques de navigation, deviennent une extension de notre mémoire. Nous y revenons constamment pour nous rappeler des informations ou prendre des décisions. Parallèlement, les systèmes d'IA analysent ces traces pour anticiper nos besoins ou nos états émotionnels. Par exemple, les modèles de langage, comme ceux utilisés dans les chatbots, apprennent à reconnaître des émotions complexes dans les interactions textuelles en analysant des millions d'exemples. Cette externalisation de la mémoire et cette anticipation algorithmique créent une boucle où nos pensées et nos actions sont de plus en plus influencées par des systèmes artificiels, sans que nous en ayons toujours conscience. Les chiffres clés montrent que les modèles d'IA actuels s'appuient sur des milliards de paramètres et des quantités massives de données pour fonctionner.

Interaction cognitive

L'interaction avec l'IA ne se limite plus à une simple utilisation d'outil. Elle s'apparente désormais à un processus cognitif partagé entre l'humain et la machine. Par exemple, les systèmes de dialogue argumentatif, comme les assistants vocaux ou les chatbots, intègrent les réactions de l'utilisateur dans un cycle de justification et de révision des recommandations. Cela signifie que la réflexion humaine emprunte des structures artificielles avant de revenir vers l'utilisateur, subtilement transformée. Les chercheurs citent des études montrant que cette interaction itérative peut modifier la manière dont nous formons nos opinions ou prenons des décisions. Par exemple, une étude publiée dans ScienceDirect (2017) illustre comment les algorithmes de recommandation influencent les choix des utilisateurs en adaptant leurs suggestions en temps réel. Cette dynamique crée un espace liminal où la pensée humaine et les processus artificiels s'entremêlent.

Technologies d'augmentation

Les technologies d'augmentation des capacités humaines, comme les prothèses adaptatives ou les robots portables, illustrent l'effacement des frontières entre le corps biologique et les machines. Par exemple, une prothèse adaptative ajuste son comportement en fonction des mouvements et des intentions de l'utilisateur, tandis que des bras robotiques portés sur le corps assistent l'exécution de tâches complexes. Ces technologies ne se contentent pas de compenser une fonction perdue : elles offrent de nouvelles possibilités d'action. Certaines approches, comme les membres supplémentaires contrôlés par l'utilisateur, vont jusqu'à ajouter des capacités physiques inédites. Une étude japonaise (2022) montre comment l'ajout d'un sixième doigt robotique modifie la perception et le comportement de l'utilisateur. Ces innovations soulignent que l'agentivité – la capacité à agir – n'est plus limitée au corps biologique, mais se distribue dans des systèmes artificiels qui anticipent, répondent et s'adaptent.

Environnement hybride

L'environnement lui-même devient un acteur de cette transformation. Les technologies de réalité virtuelle (RV) et de réalité augmentée (RA) créent des mondes où la perception s'ancre dans des constructions computationnelles, tandis que le corps reste ancré dans le monde physique. Par exemple, dans un environnement de RV, l'utilisateur perçoit un monde généré par ordinateur, mais son corps reste dans l'espace réel. Cette dissociation entre présence physique et présence perçue génère un environnement liminal, suspendu entre réalité tangible et artificialité. Une étude publiée dans PubMed (2019) souligne que cette hybridation modifie la manière dont nous interagissons avec notre environnement. Les chercheurs japonais de l'University of Electro-Communications (UEC) Tokyo, cités dans l'article, explorent comment ces technologies transforment la perception sociale et les dynamiques comportementales.

Ce que ça pourrait changer

L'article souligne que l'IA contemporaine ne remplace pas simplement l'humain, mais déstabilise les catégories traditionnelles qui structurent notre compréhension du monde. Les débats actuels se concentrent souvent sur des questions comme la conscience ou le remplacement de l'humain par des machines, mais ces sujets pourraient être moins pertinents que la remise en cause des frontières conceptuelles elles-mêmes. Par exemple, la distinction entre outil et compagnon, entre humain et machine, ou entre réalité et virtualité, perd de sa netteté. Cette ambiguïté génère à la fois fascination et inquiétude, car elle interroge ce que signifie être humain dans un monde où les catégories traditionnelles s'effritent. Les auteurs appellent à une collaboration entre psychologues, neuroscientifiques, informaticiens et artistes pour explorer cet *espace liminal* et comprendre ses impacts sur le cerveau, les comportements individuels et les dynamiques sociales.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.