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Numérique

Le prix de la mémoire complique vraiment l’achat de matériel informatique dans les labos

Next.ink · mis à jour 25 sept.

La course à l’IA générative a créé une pénurie de mémoire RAM et de stockage SSD et leurs prix se sont envolés. Conséquence : en respectant le code des marchés publics, l’enseignement supérieur et la recherche français peinent à acheter de nouveaux matériels informatiques.

Pénurie mémoire IA

La demande massive en mémoire RAM et en stockage SSD, tirée par la croissance des data centers et l’essor de l’IA générative, a provoqué une pénurie mondiale de ces composants. Les prix ont fortement augmenté, rendant leur acquisition plus difficile et coûteuse pour les acteurs publics et privés. Cette situation touche particulièrement les secteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche en France, où les budgets sont souvent contraints et les procédures d’achat encadrées par le code des marchés publics. Par exemple, le groupement d’achat Matinfo, qui regroupe 250 établissements français, constate des situations de blocage dans l’acquisition de matériel informatique comme des postes de travail, des serveurs ou des outils de pilotage d’expériences. Normalement, ce groupement permet d’obtenir des tarifs avantageux grâce à des accords-cadres, mais la hausse des coûts limite désormais son efficacité.

Impact recherche française

En France, l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) sont directement impactés par cette pénurie. Le groupement Matinfo, qui facilite les achats groupés pour les universités, le CNRS et d’autres institutions, a alerté ses membres sur des difficultés croissantes. Le comité de suivi de Matinfo a diffusé un document le 18 septembre 2026 expliquant que les établissements peinent à renouveler leur matériel informatique tout en respectant les règles strictes des marchés publics. Ces règles, conçues pour garantir la transparence et l’équité, deviennent un frein face à des prix en forte hausse. Les chercheurs et enseignants doivent désormais composer avec des délais d’attente allongés et des coûts imprévus, ce qui ralentit leurs travaux et leurs projets.

Réactions fournisseurs

Les fournisseurs de matériel informatique, confrontés à une demande explosive et à des contraintes industrielles, adoptent des stratégies commerciales difficiles à concilier avec les besoins des laboratoires. Certains imposent des choix limités, comme l’obligation d’acheter des configurations surpuissantes ou des extensions de garantie coûteuses pour pallier l’absence de pièces détachées. Par exemple, une entreprise privée a rapporté en janvier 2026 que Dell avait stoppé la production de certains serveurs habituels, forçant les clients à accepter des alternatives plus chères ou à attendre plusieurs mois. Les négociations deviennent tendues, car les acheteurs doivent souvent accepter des compromis sur les performances ou les délais pour obtenir du matériel, même inadapté à leurs besoins.

Durée crise mémoire

Les prévisions des acteurs industriels et des observateurs indiquent que la tension sur le marché de la mémoire pourrait persister jusqu’en 2029. Les fondeurs, qui fabriquent les puces, ont priorisé la construction de nouvelles usines pour répondre à la demande, mais les délais de production restent longs. Les retards s’accumulent entre la décision d’investissement et la livraison des composants neufs. En attendant, les acteurs du secteur doivent se tourner vers des solutions temporaires, comme l’achat de matériel d’occasion ou l’extension de la durée de vie des équipements existants. Cependant, cette dernière option comporte des risques, notamment l’absence de garanties constructeur pour les pièces détachées et une augmentation des coûts de maintenance.

Ce que ça pourrait changer

La situation met en lumière les limites du système des *marchés publics* en France, conçu pour protéger les intérêts des établissements et garantir des prix justes. Pourtant, face à l’envolée des coûts, ces règles deviennent un obstacle plutôt qu’un rempart. Les acheteurs publics, comme ceux des laboratoires de recherche, se retrouvent dans une position délicate : soit ils acceptent des devis exorbitants, soit ils renoncent à moderniser leur parc informatique. Les commentaires des professionnels soulignent que le problème n’est pas réservé au secteur public. Les entreprises privées subissent les mêmes difficultés, avec des tarifs encore plus élevés en l’absence de cadre réglementaire contraignant. Cette crise révèle une faille dans la régulation des marchés technologiques, où l’offre peine à suivre une demande devenue insatiable.

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