Nouvelle vague de chaleur : 92 millions d'Européens exposés à plus de 35 °C mercredi
Une nouvelle vague de chaleur touche l'Europe en ce mois d'août, continent qui se réchauffe le plus vite à l'échelle planétaire. Selon les calculs de l'Agence France-Presse ( AFP ), croisant les prévisions du service météorologique allemand et les données de population du Joint Research Center, quelque 92 millions de personnes — notamment en France, Italie et Espagne — devraient connaître des températures supérieures à 35 °C à un moment de la journée mercredi 12 août.
Une vague de chaleur exceptionnelle touche l'Europe ce mercredi 17 juillet 2024, avec des températures dépassant les 35 °C pour 92 millions d'habitants répartis dans plusieurs pays. Ce phénomène météorologique, caractérisé par une période prolongée de températures anormalement élevées, s'étend sur une large zone géographique, allant de la péninsule ibérique jusqu'aux pays d'Europe centrale. Les météorologues qualifient cette situation de canicule lorsque les températures restent au-dessus de 35 °C pendant au moins trois jours consécutifs. Cette vague de chaleur s'inscrit dans un contexte plus large de réchauffement climatique, où les épisodes de chaleur extrême deviennent plus fréquents et plus intenses. Les régions les plus touchées incluent l'Espagne, la France, l'Italie et l'Allemagne, avec des pics de température pouvant atteindre 40 °C dans certaines zones.
Les températures élevées représentent un danger significatif pour la santé publique, notamment pour les populations vulnérables comme les personnes âgées, les enfants en bas âge et les individus souffrant de maladies chroniques. Les autorités sanitaires alertent sur les risques accrus de coups de chaleur, de déshydratation et d'aggravation de troubles respiratoires ou cardiovasculaires. En France, par exemple, l'Agence nationale de santé publique (Santé publique France) recommande de limiter les activités physiques en extérieur aux heures les plus chaudes, de boire régulièrement de l'eau et de rester dans des pièces fraîches. Les services d'urgence sont en alerte renforcée pour faire face à une possible augmentation des admissions hospitalières liées à la chaleur. En 2022, une précédente vague de chaleur avait causé plus de 15 000 décès en Europe, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les vagues de chaleur ont également des conséquences directes sur les infrastructures et les activités économiques. Les réseaux électriques sont mis sous tension en raison de l'augmentation de la demande en climatisation, ce qui peut entraîner des coupures de courant localisées. En France, RTE (Réseau de Transport d'Électricité) surveille de près la situation pour éviter tout risque de black-out, comme cela s'est produit lors de l'été 2022. Par ailleurs, les transports peuvent être perturbés : les rails de train se dilatent sous l'effet de la chaleur, ce qui impose des réductions de vitesse pour éviter des déraillements. Les routes, quant à elles, peuvent se fissurer ou fondre, comme cela a été observé en Espagne lors de vagues de chaleur précédentes. Les agriculteurs sont également touchés, avec des risques de sécheresses accrues et de pertes de récoltes, notamment pour les cultures sensibles comme le maïs ou la vigne.
Face à cette situation, les gouvernements européens ont déclenché des plans d'urgence pour protéger les populations et limiter les impacts socio-économiques. En France, le gouvernement a activé le plan canicule, qui prévoit l'ouverture de salles rafraîchies dans les villes, la distribution d'eau potable et des campagnes de sensibilisation auprès des citoyens. En Espagne, les autorités locales ont mis en place des restrictions d'eau dans certaines régions, tandis qu'en Italie, des alertes sanitaires ont été lancées dans les zones les plus touchées. L'Union européenne (UE) coordonne également les efforts entre les États membres, notamment via son Observatoire européen de la sécheresse, qui surveille l'évolution de la situation hydrique. Ces mesures visent à atténuer les effets immédiats de la canicule, mais soulèvent aussi des questions sur la préparation à long terme face au changement climatique.
Les scientifiques s'accordent à dire que les vagues de chaleur de plus en plus intenses et fréquentes sont directement liées au *réchauffement climatique*, causé par les émissions de gaz à effet de serre (GES) d'origine humaine. Selon le *Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat* (GIEC), la température moyenne de la planète a augmenté de 1,1 °C depuis l'ère préindustrielle, et les projections indiquent une hausse pouvant atteindre 1,5 °C d'ici 2030. En Europe, les vagues de chaleur sont désormais cinq fois plus probables qu'avant l'ère industrielle, selon une étude publiée par l'organisation *World Weather Attribution*. Ce phénomène s'accompagne d'autres impacts, comme la multiplication des *mégafeux* (incendies de forêt de grande ampleur) ou la fonte accélérée des glaciers. Les experts soulignent l'urgence de réduire les émissions de GES pour limiter ces dérèglements.

