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Géopolitique

Au Zimbabwe, des vuvuzelas pour faire fuir les lions

Courrier International · mis à jour il y a 12 j

Des communautés voisines d’un parc national, au Zimbabwe, font fuir les lions en les assourdissants au son des vuvuzelas, raconte le média sud-africain “Daily Maverick”. Ces trompettes ont été popularisées lors de la Coupe du monde de 2010 en Afrique du Sud, pays frontalier..

Conflits humains-lions au Zimbabwe

Dans le nord-ouest du Zimbabwe, près du parc national de Hwange, les communautés locales subissent régulièrement des attaques de lions. Ces félins, attirés par le bétail des villageois, représentent un danger pour les habitants et une menace pour leur subsistance. Les lions solitaires s’approchent des habitations pour chasser, car les proies naturelles se font rares dans leur habitat naturel. Ces conflits entraînent souvent des représailles violentes de la part des villageois, qui tuent les lions pour protéger leur bétail. Le biologiste Lovemore Sibanda étudie ces déplacements à l’aide de colliers GPS pour mieux comprendre ces interactions et trouver des solutions durables.

Solution inattendue : les vuvuzelas

En 2010, lors de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud, les vuvuzelas (instruments de musique en plastique produisant un son strident et puissant) avaient marqué les esprits par leur bruit assourdissant. Les villageois du Zimbabwe ont eu l’idée d’utiliser ces trompettes pour effrayer les lions. Le biologiste Lovemore Sibanda, qui étudiait les déplacements des lions avec des colliers GPS, a collaboré avec les communautés locales pour tester cette solution. Les villageois, équipés de vuvuzelas, se déplacent en groupe vers les zones où les lions sont repérés. En soufflant tous ensemble, ils créent un mur de bruit qui fait fuir les félins vers le parc national de Hwange, éloignant ainsi la menace des habitations.

Efficacité prouvée

La méthode des vuvuzelas a démontré une efficacité remarquable. Depuis son adoption, les incidents impliquant des lions ont diminué de moitié dans la région. Cette solution peu coûteuse et simple à mettre en œuvre a permis de réduire les pertes de bétail et les risques de rencontres mortelles entre humains et lions. Le biologiste Lovemore Sibanda a intégré cette approche dans sa thèse, montrant que le bruit des vuvuzelas pouvait effectivement effrayer les lions et limiter les conflits. Cette initiative illustre l’importance de trouver des solutions adaptées aux réalités locales pour protéger à la fois les humains et la faune.

Inégalités dans la protection

Lovemore Sibanda souligne un déséquilibre dans la gestion des conflits entre humains et lions. Lorsqu’un lion est capturé dans un piège, des moyens importants (hélicoptères, véhicules tout-terrain) sont déployés rapidement pour le secourir. En revanche, lorsque des humains sont attaqués par des lions, ces moyens ne sont pas toujours mobilisés avec la même rapidité. Le biologiste plaide pour une meilleure considération des communautés locales, dont le sentiment d’exclusion peut alimenter la colère envers les animaux. Il encourage à associer davantage les populations à la protection de l’environnement pour favoriser une coexistence pacifique.

Ce que ça pourrait changer

Le parc national de Hwange, situé au Zimbabwe, est au cœur de cette problématique. Le biologiste Lovemore Sibanda, chercheur sud-africain, a joué un rôle central en étudiant les déplacements des lions et en proposant cette solution innovante. Les communautés locales, en collaboration avec le chercheur, ont adopté les vuvuzelas comme outil de dissuasion. Le *Daily Maverick*, média sud-africain, a relayé cette initiative, mettant en lumière son efficacité et son caractère peu coûteux. Cette histoire illustre comment des solutions simples, inspirées par des événements mondiaux, peuvent résoudre des problèmes complexes dans des contextes locaux.

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