Repeated evacuations strain mental health in Northern Ontario
First it was wildfires. Then a sewage leak.
La communauté autochtone de Neskantaga, située dans le nord de l’Ontario, subit des évacuations répétées en raison de crises successives. En juillet 2026, des feux de forêt ont forcé les habitants à quitter leur village, un fly-in community (communauté accessible uniquement par avion). Parmi les évacués se trouvait Wanita, mère d’un nouveau-né nommé Nova, née prématurément pour permettre un retour rapide au village. Cinq jours après leur retour, une fuite de eaux usées brutes (eaux non traitées provenant des toilettes et des égouts) dans le centre de santé a imposé une nouvelle évacuation. Ces déplacements fréquents perturbent profondément la vie des habitants, notamment celle des enfants qui se sentent déracinés. Wanita, toujours hébergée dans un hôtel près de Toronto, exprime son stress face à l’état des infrastructures locales et aux retards dans les soins médicaux de sa fille.
Neskantaga fait face à un effondrement générationnel de ses infrastructures, un problème structurel qui aggrave les crises récurrentes. Le centre de santé, par exemple, présente des murs humides, des poutres apparentes et une odeur persistante de carburant diesel, suite à des inondations et des fuites survenues depuis 2025. Le système de traitement de l’eau, connu pour être le plus ancien avis d’ébullition (recommandation de faire bouillir l’eau potable pour éliminer les bactéries) au Canada, cumule 11 514 jours sans eau potable sûre. Ces défaillances ont été qualifiées d’inacceptables et dangereuses par l’ombudsman de l’Ontario en octobre 2025. Le chef Gary Quisess souligne que ces problèmes, combinés à la fermeture de l’école et de la patinoire, créent un climat de stress permanent pour les 300 habitants restants.
Les évacuations répétées et les infrastructures défaillantes ont des conséquences dramatiques sur la santé mentale des habitants. Le chef Quisess estime qu’une personne sur deux dans chaque foyer prend quotidiennement du Suboxone (un médicament utilisé pour traiter la dépendance aux opioïdes), sans compter ceux qui consomment encore des drogues illicites. Les enfants, comme les deux adolescents de Wanita, montrent des signes de détresse psychologique : isolement, perte d’intérêt pour les activités et nostalgie du village. Les événements annulés, comme le festival annuel prévu le 17 août ou le retreat (retraite) des jeunes, aggravent ce sentiment de désespoir. Le chef décrit cette situation comme une épidémie de stress, où la peur constante de nouvelles crises pèse sur la communauté.
Les autorités provinciales et fédérales, comme le gouvernement de l’Ontario et Services aux Autochtones Canada (ISC), interviennent en urgence pour évacuer les habitants et fournir une aide temporaire. Par exemple, des infirmières d’ISC ont installé un poste de santé dans une caravane, et des services d’ambulance aérienne (Ornge) sont disponibles en cas de besoin. Cependant, les solutions restent limitées : les travaux de réparation du centre de santé, menés par une entreprise de contractors (entrepreneurs), ont aggravé les problèmes en coupant accidentellement les canalisations de eaux usées et de carburant. Le conseiller Bradley Moonias, resté sur place, souligne l’urgence de financer un nouveau centre de santé et des infrastructures durables. Malgré ces efforts, les habitants comme Wanita attendent toujours un retour définitif dans leur village.
Alors que la plupart des habitants de Neskantaga sont évacués, une poignée de résidents reste pour maintenir les services essentiels, comme Lazarus Shewabick, qui patrouille pour surveiller les feux de forêt. Le village, habituellement animé, est devenu *étrangement silencieux*, avec seulement six personnes présentes pour le petit-déjeuner. Le chef Quisess décrit ce silence comme une source de stress : « Le stress, c’est le silence. Vous ne l’entendez pas jusqu’à ce qu’il vous attaque. » Malgré tout, il affirme que le moral de la communauté reste stable, bien que fluctuant avec les crises. Les habitants, habitués à ces épreuves, continuent de faire preuve de résilience, tout en espérant des solutions durables pour mettre fin à ce cycle de crises.

