Prendre langue avec l’IA ? Mazarine M. Pingeot débat avec Catherine Malabou
Les outils d'intelligence artificielle comme *ChatGPT* ou *Claude* transforment profondément notre rapport au langage, que ce soit dans l'écriture ou la lecture. Ces systèmes, capables de générer des textes cohérents et de répondre à des questions complexes, posent des questions inédites sur la place de l'humain dans la création et l'interprétation du langage. Leur développement rapide soulève des enjeux éthiques et philosophiques, notamment sur la manière dont ces technologies pourraient altérer notre capacité à penser, écrire et comprendre le monde. L'article explore cette mutation en confrontant deux visions philosophiques opposées, portées par Mazarine M. Pingeot et Catherine Malabou.
Les outils d'intelligence artificielle comme ChatGPT ou Claude transforment profondément notre rapport au langage, que ce soit dans l'écriture ou la lecture. Ces systèmes, capables de générer des textes cohérents et de répondre à des questions complexes, posent des questions inédites sur la place de l'humain dans la création et l'interprétation du langage. Leur développement rapide soulève des enjeux éthiques et philosophiques, notamment sur la manière dont ces technologies pourraient altérer notre capacité à penser, écrire et comprendre le monde. L'article explore cette mutation en confrontant deux visions philosophiques opposées, portées par Mazarine M. Pingeot et Catherine Malabou.
Mazarine M. Pingeot et Catherine Malabou, deux philosophes contemporaines, adoptent des positions radicalement différentes face à l'essor de l'IA. Pingeot, dans une posture critique, appelle à une distance prudente, voire une méfiance envers ces outils, craignant une dépossession de notre rapport au langage et à la pensée. À l'inverse, Malabou, plus ouverte, invite à faire le saut et à explorer les possibilités offertes par ces technologies, tout en questionnant leurs limites. Leur débat, publié dans le numéro d'août 2026 de Philosophie Magazine, illustre la diversité des réactions face à l'IA dans le champ intellectuel.
Pingeot utilise l'expression bêtise artificielle pour désigner le danger que représente l'IA lorsqu'elle est utilisée de manière superficielle ou irresponsable. Selon elle, ces outils pourraient favoriser une pensée passive, où l'utilisateur se contente de reproduire des réponses toutes faites sans exercer son esprit critique. Ce phénomène s'inscrit dans une critique plus large de la dépossession : l'IA, en automatisant certaines tâches intellectuelles, risquerait de nous priver de notre capacité à réfléchir de manière autonome. Malabou, quant à elle, ne nie pas ces risques mais les considère comme un défi à relever plutôt qu'une fatalité.
Catherine Malabou s'appuie sur le concept de plasticité, qu'elle a développé dans ses travaux, pour aborder la relation entre l'IA et l'humain. La plasticité désigne la capacité à se transformer en permanence, à s'adapter et à se réinventer. Pour Malabou, l'IA pourrait être un miroir de cette plasticité, nous poussant à repenser notre rapport au langage et à la connaissance. Elle voit dans ces outils une opportunité de nous transformer en permanence, plutôt qu'un simple substitut à nos capacités. Cette approche s'inscrit dans une tradition philosophique qui valorise l'évolution et l'innovation, plutôt que la préservation d'un ordre établi.
Le débat entre Pingeot et Malabou s'inscrit dans le contexte du numéro d'août 2026 de *Philosophie Magazine*, une revue francophone dédiée à la pensée contemporaine. Ce numéro explore les enjeux philosophiques et éthiques soulevés par les avancées technologiques, notamment l'IA. L'article met en lumière la diversité des approches philosophiques face à ces mutations, montrant que le débat intellectuel reste vif et nécessaire. Il souligne également l'importance d'une réflexion critique sur les outils que nous utilisons au quotidien.

