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Géopolitique

Accord Beyrouth-Tel-Aviv : que sont les “zones pilotes” prévues dans le sud du Liban ?

Courrier International · mis à jour il y a 21 j

Au cœur des négociations directes entre Israël et le Liban, qui se sont achevées le mercredi 15 juillet à Rome, les “zones pilotes” constituent la pierre angulaire du futur dispositif de sécurité dans le sud du Liban. Ce mécanisme prévoit un retrait progressif des forces israéliennes au profit de l’armée libanaise, chargée de reprendre le contrôle du terrain et de démanteler les infrastructures militaires du Hezbollah..

Pourparlers Liban-Israël

Les 15 et 16 juillet 2026, le Liban et Israël ont mené à Rome un sixième cycle de négociations directes jugé positif par les deux parties. Un accord de principe a été trouvé pour déployer, dans un premier temps, l’armée libanaise dans deux zones pilotes situées dans le sud du Liban. Cependant, aucun calendrier précis n’a été fixé pour le retrait israélien de ces zones. Ces discussions s’inscrivent dans le cadre d’un accord-cadre signé le 26 juin 2026, qui prévoit un retrait progressif des troupes israéliennes, le déploiement de l’armée libanaise et le démantèlement des infrastructures militaires du Hezbollah dans ces zones. Les pourparlers techniques approfondis doivent commencer dans les prochains jours, selon l’ambassade américaine au Liban. Une rencontre entre le président libanais Joseph Aoun et son homologue américain Donald Trump, prévue le 21 juillet 2026 à Washington, pourrait accélérer le processus.

Zones pilotes : objectif

Les zones pilotes sont un projet test visant à mettre en place un futur dispositif sécuritaire dans le sud du Liban, où une partie du territoire est actuellement occupée par Israël. Ces zones, réparties entre des secteurs occupés et non occupés, serviront à tester le déploiement de l’armée libanaise et le démantèlement des infrastructures du Hezbollah. Le premier secteur pilote comprend cinq localités situées de part et d’autre du fleuve Litani. À ce jour, les forces israéliennes occupent un périmètre de sécurité de 10 kilomètres à l’intérieur du Liban, selon l’armée israélienne (Tsahal). L’objectif est de vérifier si l’armée libanaise peut garantir la stabilité et empêcher le Hezbollah d’y stocker des armes ou d’y stationner des combattants. Aucun rôle n’est prévu pour la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) ou l’Organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve (Onust) dans ce dispositif.

Divergences majeures

Malgré l’accord de principe, des désaccords persistent entre le Liban et Israël. Israël refuse de renoncer totalement à sa présence militaire dans le sud du Liban et souhaite maintenir des zones de sécurité en Syrie et dans la bande de Gaza. Les représentants israéliens exigent également que l’armée libanaise mène des perquisitions dans des propriétés privées, suspectées d’abriter des caches d’armes du Hezbollah. Or, l’armée libanaise ne peut effectuer ces opérations sans une loi instaurant un état d’urgence, adoptée par le gouvernement libanais. Cette loi lui donnerait une base juridique pour agir. Le Hezbollah, opposé à l’accord et aux négociations avec Israël, a qualifié le projet d’irréalisable et affirmé qu’Israël ne pourrait l’imposer par la force. Ces tensions illustrent les défis politiques et sécuritaires liés à la mise en œuvre de l’accord.

Ce que ça pourrait changer

Le processus de mise en œuvre des *zones pilotes* devrait commencer *dans les prochains jours*, selon l’ambassade américaine au Liban. Cependant, les modalités concrètes restent floues, notamment en ce qui concerne le retrait israélien et le rôle des forces libanaises. Israël attend un *feu vert politique* pour acter son retrait, tandis que le Liban presse pour un lancement rapide du projet. Une rencontre entre le président libanais Joseph Aoun et Donald Trump le 21 juillet 2026 pourrait influencer la dynamique. Pour l’instant, aucun calendrier précis n’a été publié, et les négociations techniques doivent encore définir les étapes exactes. Les incertitudes portent également sur la capacité de l’armée libanaise à contrôler ces zones sans affrontement avec le *Hezbollah*.

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