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Environnement

«Que ça nous arrive dessus, ici

Vert.eco · mis à jour il y a 18 j

Ravito ou tard. Depuis deux semaines, la commune de Quingey (Doubs), doit être ravitaillée tous les deux jours en eau potable par camion-citerne.

Sécheresse historique

La commune de Quingey, située dans le département du Doubs en Franche-Comté, fait face à une sécheresse exceptionnelle en août 2026. Depuis le 28 juillet, la nappe phréatique, qui alimente normalement la commune en eau potable, a atteint un niveau critique : seulement un mètre de hauteur, alors que les pompes ne fonctionnent plus en dessous de 80 centimètres. Cette situation est qualifiée d’«affolante» par Marc Jacquot, premier adjoint au maire de Quingey. La rivière locale, la Loue, est également très asséchée, avec des filets d’eau réduits à quelques centimètres et une teinte verte due aux algues. Les habitants, habitués à une eau abondante, découvrent avec surprise cette pénurie, comme le confie Thierry Leibundgut, un septuagénaire résidant depuis 20 ans à Quingey : «Je savais que le monde allait mal, mais que ça nous arrive dessus, ici, je ne m’y attendais pas».

Ravitaillement par camions

Pour éviter une pénurie d’eau potable, Quingey est ravitaillée trois fois par semaine par des camions-citernes, acheminant 120 mètres cubes d’eau à chaque livraison. Cette eau provient du syndicat voisin des eaux de la Haute-Loue. L’opération, gérée par la Société d’aménagement urbain et rural (Saur), consiste à transvaser l’eau dans l’un des trois châteaux d’eau de la commune. Nordine Benmira, employé de la Saur, souligne que «ça part vite», notamment en période de forte chaleur et pendant les vacances, où la consommation d’eau augmente. Cette solution est temporaire et vise à anticiper une éventuelle rupture d’approvisionnement. En 2022, une sécheresse sévère avait déjà frappé la région, mais Quingey n’avait jamais connu une situation aussi critique depuis l’élection de Marc Jacquot en 2017.

Restrictions et impacts

Depuis le 17 juillet 2026, l’intégralité du département du Doubs est placée en situation de «crise», le niveau d’alerte maximal pour une sécheresse. Les restrictions imposées aux habitants sont strictes : interdiction de remplir les piscines privées, de laver les véhicules, d’arroser les pelouses, les massifs fleuris ou les potagers entre 8 heures et 20 heures. Ces mesures visent à préserver les ressources en eau. Les activités locales sont également touchées : la base nautique de Quingey a dû réduire ses parcours en canoë, et le camping municipal réfléchit à des systèmes de récupération d’eau pour limiter la consommation des toilettes. Les établissements publics, comme le centre hospitalier, ont adapté leurs pratiques, par exemple en arrêtant temporairement la balnéothérapie.

Solutions locales et adaptations

Face à cette crise, les habitants et les acteurs locaux multiplient les initiatives pour économiser l’eau. Certains, comme Marc, un professeur de géologie, ont installé des toilettes sèches et des mousseurs sur leurs douches, des dispositifs qui réduisent significativement la consommation d’eau. La mairie de Quingey explore des solutions à plus long terme, comme une connexion directe par conduite avec le syndicat voisin pour faciliter les ravitaillements en cas de nouvelle sécheresse. Elle mise également sur la restauration des zones humides, comparées à des «éponges» capables de retenir l’eau plus longtemps. Un espace a déjà été restauré en 2022, et un castor est revenu dans la région, signe d’un écosystème en voie de rétablissement.

Ce que ça pourrait changer

La situation de Quingey n’est pas isolée. Dans le Doubs, 18 communes sont actuellement ravitaillées par camions-citernes, et 550 000 Français·es faisaient face à des tensions d’approvisionnement en eau la semaine du 3 août 2026. Selon la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, 40 000 personnes avaient même subi des coupures d’eau au robinet. Cette sécheresse s’inscrit dans un contexte de changement climatique, où les étés chauds et secs devraient devenir plus fréquents. Les autorités locales et nationales soulignent l’urgence de s’adapter et de préparer des solutions durables pour faire face à ces nouveaux défis.

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