Changements climatiques et feux de forêt : Carney blâme le gouvernement Trudeau
Le premier ministre compte pourtant dans ses rangs la plupart des ténors du précédent gouvernement libéral..
Le premier ministre canadien Mark Carney, en poste depuis avril 2025, a attribué la responsabilité des problèmes environnementaux actuels, notamment la prolifération des feux de forêt dans le nord de l'Ontario, au gouvernement précédent dirigé par Justin Trudeau. Selon Carney, les résultats environnementaux défavorables sont le fruit des actions de l'ancien gouvernement libéral, et non des siens. Il souligne que son gouvernement a hérité de ces défis malgré le fait que plusieurs membres clés de son équipe, dont l'ancien ministre de l'Environnement Steven Guilbeault, aient fait partie du gouvernement précédent. Carney a également mentionné que son gouvernement fait face à des conflits avec certaines provinces et manque d'investissements suffisants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), des gaz responsables du réchauffement climatique.
Mark Carney a reconnu que le Canada risque de ne pas atteindre ses objectifs de réduction des émissions de GES, malgré les efforts annoncés. Il a justifié ces difficultés par le coût élevé des mesures climatiques mises en place par le gouvernement précédent, qu'il jugeait trop onéreuses pour les Canadiens. Carney a également critiqué le manque de cohésion nationale engendré par ces politiques, affirmant que son gouvernement adopte désormais une approche différente, axée sur des investissements ciblés pour réduire les GES. Il a notamment évoqué le projet Pathways, un système de capture de carbone prévu pour accompagner la construction d'un nouveau pipeline en Alberta, une province de l'ouest du Canada.
Depuis son arrivée au pouvoir, Mark Carney a pris plusieurs mesures qui s'éloignent des politiques climatiques de son prédécesseur. Parmi ces mesures figurent l'abolition de la tarification carbone pour les consommateurs, une taxe destinée à réduire la consommation d'énergies fossiles en rendant les produits polluants plus chers. Il a également assoupli les normes environnementales pour les entreprises et soutenu la construction d'un nouveau pipeline en Alberta, une région riche en pétrole. Ces décisions ont été critiquées par certains, qui y voient une priorité donnée à l'industrie pétrolière au détriment des objectifs climatiques.
Le chef du Bloc québécois (Yves-François Blanchet) a vivement critiqué les choix de Mark Carney, qualifiant sa politique de « pétrolière » et l'accusant de jouer un rôle incohérent. Blanchet a souligné que Carney, bien qu'élu sous une bannière libérale, semble agir comme s'il appartenait à un autre parti, alors que son gouvernement est composé en grande partie des mêmes ministres que celui de Justin Trudeau. Il a également dénoncé l'enrichissement des compagnies pétrolières de l'Ouest canadien, dont les profits sont qualifiés de « stratosphériques », et l'impact de ces décisions sur la santé et les finances des Québécois, dont une grande partie des actionnaires des entreprises pétrolières sont américains.
Mark Carney a été interpellé par des élus républicains aux États-Unis, qui lui reprochent de ne pas en faire assez pour limiter la fumée des feux de forêt canadiens qui affecte la qualité de l'air aux États-Unis. Un élu, John James, a écrit sur les réseaux sociaux que « *les poumons des Américains paient le prix de l'inaction canadienne* ». Carney a répondu en insistant sur la responsabilité collective des pays dans la lutte contre les changements climatiques, y compris celle des États-Unis, qu'il accuse de réduire leurs propres efforts à l'échelle mondiale. Il a réaffirmé que le Canada maintient ses engagements internationaux, tout en reconnaissant que les États-Unis, un partenaire clé, font moins d'efforts dans ce domaine.

