Pour rouvrir Ormuz, l’Iran exige que les États-Unis acceptent « toutes » ses conditions
La réouverture de ce passage vital pour le commerce mondial est désormais la priorité de Donald Trump..
Le détroit d'Ormuz, une voie maritime essentielle située entre l'Iran et Oman, est actuellement fermé en raison d'un conflit entre l'Iran et les États-Unis. Ce détroit est crucial pour le transport mondial d'hydrocarbures, comme le pétrole et le gaz naturel, car environ 20 % du commerce mondial de pétrole transite par cette route. Les Gardiens de la révolution, une puissante armée iranienne, ont déclaré que le détroit resterait fermé jusqu'à ce que les États-Unis acceptent toutes les conditions posées par l'Iran. Ces conditions incluent la fin définitive de la guerre, le levée des sanctions économiques et le déblocage des avoirs iraniens gelés. Cette fermeture a des répercussions mondiales, notamment sur les prix du pétrole, qui ont déjà connu des fluctuations récentes.
L'Iran a énoncé des conditions très strictes pour rouvrir le détroit d'Ormuz. Parmi celles-ci figurent la fin de la guerre et des agressions contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, la levée du blocus des ports iraniens, l'indemnisation intégrale de l'Iran pour les dommages causés par les hostilités, la levée des sanctions économiques et le déblocage sans condition des avoirs iraniens gelés. Ces conditions ont été présentées lors d'un protocole d'accord irano-américain signé en juin 2026, qui avait permis une brève réouverture du détroit avant que le processus ne déraille. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohammad Bagher Zolghadr, a clairement indiqué que sans acceptation de ces conditions, le détroit resterait fermé.
L'Iran refuse officiellement de négocier directement avec les États-Unis, bien que le président américain, Donald Trump, affirme que des discussions sont en cours. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a précisé que les échanges se faisaient uniquement via des intermédiaires, comme Oman, un autre pays riverain du détroit d'Ormuz. Araghchi a souligné que ces échanges ne constituaient pas des négociations formelles, mais plutôt des messages échangés pour rétablir une base de discussion. L'Iran insiste également pour que les violations américaines du protocole d'accord cessent avant toute reprise des négociations. Parallèlement, des responsables iraniens ont menacé de riposter de manière décisive en cas d'intrusion militaire américaine en Iran.
Le conflit entre l'Iran et les États-Unis s'inscrit dans un contexte de tensions régionales plus larges. Les Houthis, un groupe rebelle yéménite soutenu par l'Iran, ont repris les hostilités contre l'Arabie saoudite en juillet 2026, après une période de trêve. Ils ont notamment revendiqué une frappe de drone sur une raffinerie saoudienne à Jazan et des tirs de missiles balistiques visant des troupes et des dépôts d'armes. Ces attaques ont fait au moins 11 morts, civils et militaires. En réponse, l'Arabie saoudite, alliée des États-Unis, a signé un pacte de défense mutuelle avec le Pakistan et la Turquie. La mer Rouge, où se situent ces attaques, est devenue un passage clé pour le transport d'hydrocarbures depuis la fermeture du détroit d'Ormuz.
Oman, qui joue un rôle d'intermédiaire dans le conflit, a rapporté que les discussions avec l'Iran sur la réouverture du détroit d'Ormuz se déroulaient dans une atmosphère positive et constructive. Cependant, le ministère omanais des Affaires étrangères a condamné les attaques répétées contre des navires dans la zone, notamment après qu'un pétrolier émirati ait été visé par un missile tiré par l'Iran. De son côté, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a réaffirmé que l'Iran ne devait pas obtenir d'armes nucléaires, qu'un accord soit trouvé ou non. Les États-Unis ont suspendu leurs bombardements depuis plus d'une semaine, mais Donald Trump a conditionné cette trêve à la conclusion rapide d'un accord, sous peine de nouvelles frappes massives.

