Le thé et le café brûlants tripleraient le risque de cancer de l'œsophage d'après une étude sur un million de Britanniques
La température du thé ou du café jouerait un rôle direct dans l'apparition du carcinome épidermoïde de l'œsophage. Une vaste cohorte britannique révèle un lien entre chaleur et fréquence des boissons consommées..
Une étude récente, portant sur plus d'un million de Britanniques, a révélé un lien entre la consommation de boissons très chaudes comme le thé ou le café et une augmentation du risque de cancer de l'œsophage. Cette recherche, publiée en 2026, s'appuie sur un échantillon de population très large, ce qui renforce la crédibilité de ses résultats. L'œsophage est un tube qui relie la gorge à l'estomac et permet le passage des aliments. Le cancer de l'œsophage est une maladie grave où des cellules anormales se développent dans les tissus de cet organe. Les chercheurs ont analysé les habitudes alimentaires et les risques de santé des participants sur une longue période, ce qui a permis d'identifier une corrélation entre la température des boissons consommées et l'incidence de cette maladie.
Selon l'étude, les personnes consommant régulièrement des boissons à une température supérieure à 65°C verraient leur risque de développer un cancer de l'œsophage multiplié par trois par rapport à celles qui boivent des liquides moins chauds. Cette température est proche de celle d'un café ou d'un thé servi très chaud, souvent bien au-delà de la température corporelle normale (37°C). Les chercheurs soulignent que la chaleur excessive agit comme un irritant chronique sur les muqueuses de l'œsophage, favorisant l'apparition de lésions précancéreuses. Cette découverte s'ajoute à d'autres facteurs de risque connus pour cette maladie, comme le tabagisme ou la consommation d'alcool.
La température de 65°C est considérée comme un seuil critique dans cette étude. En dessous de cette valeur, le risque ne semble pas significativement augmenté. Les boissons consommées à une température inférieure à 60°C, comme un café ou un thé tiède, ne présentent pas le même danger. Cette distinction est importante car elle permet de relativiser les recommandations sans interdire totalement ces boissons. Les chercheurs précisent que la température est le facteur clé, bien plus que le type de boisson (thé, café, etc.). Cette nuance est essentielle pour adapter les conseils de consommation.
Le mécanisme par lequel la chaleur excessive favorise le cancer de l'œsophage repose sur une irritation répétée des cellules de la muqueuse œsophagienne. À long terme, cette irritation peut provoquer des mutations génétiques dans les cellules, les transformant en cellules cancéreuses. L'œsophage, contrairement à d'autres parties du tube digestif comme l'estomac, n'est pas conçu pour résister à des températures aussi élevées. Cette vulnérabilité explique pourquoi la consommation de boissons brûlantes est particulièrement risquée pour cet organe. Les chercheurs comparent cet effet à celui des brûlures thermiques sur la peau, mais appliqué à un tissu interne.
Face à ces résultats, les auteurs de l'étude suggèrent de laisser refroidir les boissons chaudes avant de les consommer. Une attente de quelques minutes permet de réduire significativement la température et, par conséquent, le risque. Ils recommandent également d'éviter de boire des liquides à une température supérieure à 60°C. Ces conseils s'appliquent particulièrement aux personnes ayant déjà des facteurs de risque pour le cancer de l'œsophage, comme un antécédent familial ou une consommation régulière d'alcool ou de tabac. Il est important de noter que ces recommandations ne visent pas à diaboliser le thé ou le café, mais à en consommer de manière plus sûre.

